Samedi 16 février 2019 | Dernière mise à jour 23:24

Brigandage Braquage de Villeret: le propriétaire témoigne

Le propriétaire de la boulangerie attaquée samedi matin à Villeret (BE) témoigne. Son récit est édifiant.

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Le brigandage a été commis samedi matin à 7 heures dans un magasin d'alimentation située sur la route Principale de Villeret (BE). La vendeuse de l'établissement a été braquée par deux malfrats, pour un butin de 700 francs. Ce matin, le propriétaire, Jean-François Leuenberger, est retourné au magasin pour visionner la vidéo avec «Le Matin».

«Avant d'ouvrir le magasin, ma vendeuse qui habite en face a promené son chien. Son attention a été attirée par deux hommes sortis d'un véhicule de livraison gris», rapporte Jean-François Leuenberger. Il était 6 heures.

Types louches

En ouvrant la boulangerie doublée d'une épicerie, la vendeuse a éprouvé un sentiment que sa soeur est venue confirmer: «J'ai vu deux types louches», lui a-t-elle rapporté.

Une veste à capuchon noire bordée de fourrure pour l'un, un training rouge avec deux lignes blanches sur le côté pour l'autre, au teint plus clair. «Ça va aller», a répondu la vendeuse à sa soeur.

En 40 secondes

Quand ils sont entrés à 7h05 après le passage d'un premier client, les deux brigands se sont dirigés directement vers la vendeuse qui tenait un couteau à légumes dans la main gauche. Un outil utilisé pour nettoyer les produits frais qu'elle ne lâchera pas pendant les 40 secondes qu'a duré le brigandage, au contraire de la betterave tenue dans l'autre main.

«Je vous attendais», leur a dit la vendeuse sans paniquer. Son flegme a empêché une escalade. «On ne te veut pas de mal, mais donne-nous le contenu de ta caisse», lui a ordonné un brigand. La discussion a porté sur l'office de La Poste installé au milieu de l'épicerie:«Les clients ne paient pas cash, mais avec leur carte», leur a indiqué l'employée.

Pied de biche

Le brigand au training tenait une pince, celui au capuchon un pied de biche. Mais il n'y a pas eu de dégâts: l'employée leur a ouvert la caisse, qui contenait 700 francs. Les deux hommes se sont servis, l'un en se baissant pour ramasser un billet tombé à terre.

«À votre place, je filerais en vitesse: mon patron est déjà prévenu», a prétendu la vendeuse. Le patron, c'est Jean-François Leuenberger, victime de dix braquages en sept ans, dans ses trois magasins de Courtelary, St-Imier et Villeret.

Brigand de 11 ans

À Courtelary, au siège de l'enseigne «Chez Jean-Pierre», le boulanger a déjà été menacé par un brigand de... 11 ans! «Revenu après un premier vol à l'étalage, il venait de piquer un chewing-gum à 10 centimes. Quand je lui ai demandé son nom, il m'a répondu «Ta gueule! Puis dans mon bureau, il sorti une arme qui s'est révélée factice», rapporte l'entrepreneur.

À St-Imier, il y a deux ans, sa vendeuse était au téléphone avec lui quand elle s'est fait braquer: son agresseur toxicomane tenait une seringue: «J'ai reconnu le brigand en visionnant la vidéo: il avait travaillé chez moi», raconte Jean-François Leuenberger.

«Elle sursaute»

Deux ans après l'agression, sa vendeuse de St-Imier garde des séquelles: «Elle sursaute parfois pour un rien», rapporte son patron. Ce matin, par contre, celle qui travaille le dimanche n'exprimait aucune crainte.

«Un jour, ça va mal tourner», prédit Jean-François Leuenberger. Son sentiment: «Si les brigands étaient tombés sur les paysans qui livrent le lait, on les aurait retrouvés au kebab». Hachés menu, s'entend...

Escalade

Se prémunir en investissant dans des stores et autres accessoires sécuritaires? Le boulanger ne croit pas à leur effet dissuasif: il craint au contraire une escalade de la violence. Sa vendeuse qui voulait s'excuser du vol subi, il l'a félicitée pour son flegme.

Les malfrats de samedi, Jean-François Leuenberger les classe dans la catégorie des toxicomanes qui rôdent à St-Imier. C'est dans cette direction qu'ils ont pris la fuite. Le jour d'après, la police n'a pas d'information à leur sujet. (Le Matin)

Créé: 10.02.2019, 14h31

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