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France Cercueil trop grand, tombe trop petite: impossible de l’enterrer

Une histoire aussi sordide qu’abracadabrante empêche une famille française de faire son deuil.

La défunte, 1,55m, a été installée dans un cercueil de 1,89 m.

La défunte, 1,55m, a été installée dans un cercueil de 1,89 m. Image: iStock

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Le cercueil est trop grand. Le caveau trop petit. Et des lois tatillonnes empêchent de régler la question. Le cas serait presque amusant s’il ne touchait pas une famille endeuillée par le décès d’un être cher. «Même dans les films, on ne voit pas des choses comme ça», note d’ailleurs Florence Cecchin dans «L’Est Républicain», ne sachant pas «si elle doit rire ou pleurer».

L’invraisemblable cas débute par une scène inimaginable le 18 février à Champigneulles, près de Nancy, jour de l’enterrement de Renée Cecchin, décédée à 98 ans. Après la cérémonie religieuse, la famille et les proches se rendent dans l’ancien cimetière de la ville pour l’inhumation. Le caveau familial est ouvert. «Les employés des pompes funèbres n’ont pas réussi à faire rentrer le cercueil. Ils ont tout essayé. Ils l’ont penché dans tous les sens. Vers l’avant. Vers l’arrière. Mais cela n’est jamais passé», raconte Florence Cecchin.

Caveau pas aux normes

Il faut se rendre à l’évidence: le cercueil est trop grand: la défunte a été installée dans un cercueil de 1,87 m alors qu’elle ne mesurait que 1,55 m. Mais les professionnels affirment que le problème n’est pas là car il s’agit de la taille standard. Eux pointent les dimensions de l’ancien caveau de la famille. Les caveaux font normalement 2,05 m à l’intérieur, or celui-ci n’atteint que 1,80 m, indiquent-ils.

Suite à ce constat, une solution évidente s’impose: il suffit de déplacer le corps de Renée Cecchin dans un cercueil plus petit et le problème sera réglé. Mais l’histoire prend alors un tour réellement kafkaïen: la «loi interdit la réouverture d’un cercueil fermé avant un délai de 5 ans», note le quotidien français. Seules exceptions: des raisons exceptionnelles, par exemple une enquête criminelle. Ce qui n'est évidemment pas le cas ici. La famille a tout de même tenté d’obtenir une dérogation auprès de la préfecture, de la justice et de la mairie. Les trois ont refusé.

«On a peur que tout s’écroule»

Face à cette situation inextricable les pompes funèbres ont proposé une incinération. Mais la famille a logiquement refusé: ce n’était pas le souhait de la défunte. Il ne restait qu’une piste possible, et pas la plus aisée: élargir le caveau de famille. Mais cette fois, l’obstacle est technique: «Si on commence à toucher au caveau, on a peur que tout s’écroule», lâche un employé des lieux…

Échec sur tous les fronts, donc. Le dossier est désormais dans les mains d’une assurance, précise «L’Est Républicain». Mais pour l’instant, tout est surtout bloqué. Et en attendant une issue, Renée Cecchin ne repose pas auprès des siens mais dans une tombe provisoire.

Créé: 14.03.2019, 16h21

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