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France La collègue démembrée était appelée «Calimero»

Une mère de famille de 55 ans est jugée depuis lundi à Toulouse pour avoir tué et démembré sa collègue, bien vue par sa hiérarchie.

Deuxième jour du procès d'une femme qui a tué sa collègue de travail.

Deuxième jour du procès d'une femme qui a tué sa collègue de travail. Image: archive/photo d'illustration/AFP

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Maryline P., tuée et découpée par sa collègue de travail à Toulouse en 2016, a été décrite mardi comme une salariée investie et perfectionniste mais aussi une femme craintive et vulnérable, lors du procès aux assises de sa meurtrière présumée, Sophie M.

Lors de la deuxième journée d'audience du procès de Sophie M., jugée pour homicide volontaire, la Cour d'assises de la Haute-Garonne s'est penchée sur l'intimité de la victime, âgée de 52 ans au moment de sa mort.

Décrite comme prévenante, introvertie, humble et dotée d'un humour pince-sans-rire, elle avait aussi été surnommée «Calimero» pour une tendance à la plainte et un passé de bouc émissaire. Souffrant d'un manque de confiance en elle, elle s'était inventé un compagnon imaginaire vivant en Allemagne et avait un penchant pour l'alcool.

Vol de tickets resto

Au travail, dans les bureaux de l'Agefiph, organisme chargé de trouver des débouchés professionnels aux handicapés, elle avait refusé d'être reconnue travailleuse handicapée, malgré une déficience auditive et visuelle.

Plus lente que les autres, Maryline P. faisait des heures supplémentaires pour ne pas être prise en faute par ses supérieurs.

À la barre, le patron de l'Agefiph Midi-Pyrénées, Jean de La Rivière, confie ne pas avoir remarqué de tensions entre Maryline P. et Sophie M. Au sujet de l'accusée, il n'avait «rien à redire», jusqu'à un vol de tickets restaurants (pour une trentaine d'euros), en avril 2016, un mois avant le drame.

Regrets de l'accusée

La veille, l'étude de personnalité avait dépeint la cleptomanie de Mme M. «Ce qui est étonnant dans cette affaire, c'est que je n'ai rien vu», dit M. de La Rivière.

Maryline P. se chargeait d'accueillir les nouveaux avec bienveillance, selon Olivier Nouvelière, délégué du personnel au sein de l'Agefiph Midi-Pyrénées.

«Elle avait à cœur de rendre service. Je l'ai connue négligée, dans son aspect vestimentaire et son hygiène, puis elle s'est ressaisie et est devenue coquette. Elle avait besoin qu'on la rassure, elle sortait fumer avec Sophie M. Pour moi, c'était une relation banale entre deux collègues», détaille-t-il.

Bref, apparemment rien de nature à déclencher l'ire de sa meurtrière, font remarquer les avocats de la partie civile.

«Mais alors quand est-ce qu'elle vous a fait du mal ?» demande à l'accusée Me Georges Catala, avocat de la famille P.

«J'ai essayé de l'aider, je me suis sentie rejetée comme avec ma mère, j'ai fait une comparaison avec ma mère, malheureusement. (...) Je regrette ce que j'ai fait, je ne peux pas revenir en arrière», lui répond Sophie M., parcourue de sanglots.

«Victime idéale»

Lundi à l'audience, la sœur de l'accusée avait mis l'accent sur la relation exécrable entre Sophie et sa mère. «Je pense que (notre mère) ne l'a jamais serrée dans ses bras, ne lui a jamais dit un mot d'amour, notre mère était très violente» Pour l'experte psychiatre, Sophie M. avait associé Maryline P. à l'image maternelle qui l'a tant fait souffrir.

Un collègue de travail, Olivier N., évoque, lui, en revenant sur l'affaire du vol de tickets restaurant, une «femme qui voulait nous manipuler», et qui pourrait avoir tenté de voler et faire chanter Maryline P., «une victime faible et idéale».

Maryline P. a été tuée le 12 mai 2016 dans l'appartement dont elle était propriétaire, au centre de Toulouse.

Sophie M., qui a reconnu les faits mais nie l'intention d'homicide, est accusée de lui avoir brisé le crâne avec une bouteille lors d'une dispute, avant de faire disparaître le corps en le coupant en morceaux, jetant les membres dans le canal du Midi, sauf la tête, qu'elle a enterrée près de chez elle, «comme un trophée», selon l'experte psychiatre.

Le procès, qui a débuté lundi, se termine vendredi. (afp/nxp)

Créé: 22.10.2019, 16h05

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