Jeudi 14 décembre 2017 | Dernière mise à jour 21:41

Justice Condamné après un alcootest délirant

Le malaise d’un agent a rendu un contrôle routier rocambolesque. Le conducteur a pourtant écopé d’une amende.

Laurent Jacot à sa sortie du Tribunal régional Jura bernois-Seeland, à Moutier.

Laurent Jacot à sa sortie du Tribunal régional Jura bernois-Seeland, à Moutier. Image: Le Matin

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La passagère d’une voiture qui couvre de baisers le visage d’un policier posé sur ses genoux lors d’un contrôle routier… C’est la scène surréaliste qui s’est déroulée un soir d’été à Saint-Imier (BE). Un comportement qui s’explique par le malaise subi par l’agent, pris de convulsions, les yeux révulsés.

Permis retiré

«Tiens bon! Tiens bon! Je te suivrai à l’hôpital!» a promis la femme, avant qu’un collègue de l’agent à terre ne lui demande de s’arrêter. «Laissez-lui de l’air!» s’exclama-t-il, tout en empêchant un autre passager de prendre des photos, tandis que le conducteur insistait, lui, pour emmener le policier à l’hôpital…

Pour Laurent Jacot, l’automobiliste qui a porté secours à l’agent avec ses deux passagers, le contrôle du 3 août 2016 s’est pourtant mal terminé: interpellé dans un périmètre où une bande de jeunes était recherchée pour des jets de bouteilles, il s’est vu retirer son permis, le taux d’alcool retenu par le procureur étant de 1,42‰. «Mes passagers et moi lui avons probablement sauvé la vie», estime Laurent Jacot, lieutenant-colonel.

Celui qui l’accompagnait était secouriste à l’armée. Selon lui, il s’agissait de suppléer un agent qui avait «perdu les pédales» et qui tournait dans tous les sens «comme une poule dans un poulailler». Si le policier victime du malaise ne se souvient de rien, son collègue n’a pas fait de cadeau au conducteur qu’il jugeait ivre. «L’habitacle sentait l’alcool et le conducteur titubait», a-t-il prétendu.

La version de Laurent Jacot, c’est que les agents n’ont pas attendu vingt minutes après qu’il a pris sa dernière boisson pour effectuer un alcootest et qu’il n’a pas pu se rincer la bouche. De l’alcool, il reconnaît en avoir bu à la terrasse d’un bar: une bière, du vin et «une dernière gorgée de rosé au moment de partir», selon sa version. Vu que l’alcool tapissait sa bouche, cette gorgée de rosé a-t-elle influencé l’alcootest? Le policier qui a dénoncé Laurent Jacot n’a effectué qu’un éthylotest, une pratique qu’il a revendiquée hier pour un taux «qualifié», soit 1,78‰.

L’avocate du prévenu a brandi l’ordonnance sur le contrôle de la circulation routière, selon laquelle «il y a lieu d’effectuer deux mesures», mais la juge n’a retenu qu’un taux supérieur à 0,8‰. Surtout, elle a fait valoir les constatations du policier, selon qui Laurent Jacot s’appuyait sur sa voiture. Une version contredite par deux témoins cités lundi au tribunal. Verdict: 700 francs d’amende. L’automobiliste fera appel.

Pas d’éthylomètre

Combien faut-il de mesures d’éthylotest pour dénoncer une ivresse au volant? Quelle est la consigne donnée aux agents? La police bernoise indique qu’au-delà de 0,45 mg/l l’éthylotest ne doit pas être répété pour conduire un conducteur à un éthylomètre, qui a «force probante», ou à une prise de sang. Sauf que Laurent Jacot n’a eu droit ni à l’un ni à l’autre, dans le remue-ménage qui a suivi le malaise d’un des agents. (Le Matin)

Créé: 05.12.2017, 06h48


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