Vendredi 17 août 2018 | Dernière mise à jour 15:01

Vaud Braqués sur l'A1: Pas complices mais receleurs

L’attaque d’un fourgon, à Chavornay (VD), a attisé les suspicions de connivence entre les convoyeurs et le commando armé. Le Parquet de Lyon l’exclut à ce stade.

Les deux convoyeurs circulaient avec un fourgon blindé du même type lorsqu’ils ont été détournés du droit chemin.

Les deux convoyeurs circulaient avec un fourgon blindé du même type lorsqu’ils ont été détournés du droit chemin.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

À l’abri des regards et surtout des médias, les enquêteurs ont convoqué les deux employés du groupe valaisan SOS Surveillance, à l’Hôtel de police de Lyon (F). Également conviée et auditionnée, la fille de l’un d’eux, impliquée dans le mystérieux braquage de jeudi passé. Placé en garde à vue, le trio a été clairement cuisiné par les limiers lyonnais de la police judiciaire. Parce que ni eux ni la police cantonale vaudoise n’étaient convaincus par le récit que leur avaient servi le conducteur du fourgon blindé et sa fille de 22 ans qui vit à Lyon et son coéquipier. Car c’est bien de complicité ou d’association de malfaiteurs que se méfiaient, depuis les premières heures du 8 février, les autorités policières et juridiques franco-suisses.

Convoyeurs arrosés par le gang

Le scénario du kidnapping de la jeune femme à son domicile par deux faux plombiers, puis sa séquestration: une prise d’otage pour faire plier son père qui conduit à ce moment-là, en compagnie d’un collègue, un fourgon blindé, rempli de liquidités – 20 à 30 millions non confirmés. Une sortie de l’A1 contrainte à la hauteur de Chavornay (VD). Un braquage éclair par un commando armé, non violent, sur un parking très proche de l’axe autoroutier pour ne pas affoler la géolocalisation du véhicule. Trois braqueurs qui s’évanouissent dans la nature en 4x4 Porsche et un épilogue à 20 km de Lyon: la jeune fille est retrouvée ligotée et bâillonnée par un passant en pleine campagne. Elle n’est pas blessée mais choquée.

Depuis la garde à vue, le script s’est modifié. Les deux convoyeurs sont passés à table, indique une source française. Ils ont raconté que les trois assaillants leur avaient laissé un carton avec quelque 350 000 francs suisses. Et qu’ils l’avaient planqué dans une forêt en Suisse. Généreusement offerte par les braqueurs, cette petite partie du butin a bien été retrouvée là où les employés de l’entreprise de Vernayaz (VS) ont dit l’avoir enterrée. D’autres personnes vont faire l’objet de vérifications: le personnel de la société de transfert de fonds, qui a déjà été victime de collaborateurs peu scrupuleux par le passé; et aussi le ou les mandataires(s) de ce précieux transport, dont le contenu s’est volatilisé avec des malfaiteurs s’exprimant dans un français à l’accent non identifié.

Hier après-midi, malgré ce rebondissement inattendu – les liasses offertes et cachées –, le Parquet de Lyon a levé la garde à vue des convoyeurs et les a relaxés. Le procureur a estimé que leur aveu spontané était crédible et qu’il n’y avait pas lieu de les déférer devant un juge dans le cadre de l’enquête ouverte pour enlèvement et séquestration. En revanche, ils risquent d’être poursuivis pour recel de vol. S’agissant de la malheureuse enlevée chez elle alors qu’elle attendait vraiment un plombier, elle dit avoir été dissimulée dans une grande poubelle pour être extraite discrètement de son immeuble. Ses déclarations n’ont jamais varié et ont visiblement aussi persuadé les inspecteurs de la PJ.

No comment

À Lyon, la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIP) renvoie au parquet, qui n’a pas répondu après la relaxe des gardés à vue. En Suisse, la police cantonale vaudoise nous renvoie en France pour toute communication. Tandis que Monica Leita Vermot, procureure chargée du volet vaudois de l’affaire, ne commente pas l’affaire. À ce stade des investigations, la piste du grand banditisme reste privilégiée. (Le Matin)

Créé: 13.02.2018, 22h44

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne