Dimanche 18 novembre 2018 | Dernière mise à jour 11:27

Diablerets Couple retrouvé dans la glace: l'hommage de leur fille

Un couple de Valaisans disparus en 1942 ont été retrouvés jeudi dans le massif des Diablerets. Leur fille Marceline leur rend hommage.

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«Maman et papa auront enfin leur sépulture.» Marceline Udry-Dumoulin fait preuve d’une sérénité sans faille. Depuis qu’elle a appris que les deux corps retrouvés côte à côte, jeudi soir sur le glacier de Tsanfleuron, dans le massif des Diablerets, à quelques pas du téléski du Dôme (VS), étaient ceux de ses parents disparus, la charismatique dame de 79 ans est comblée.

Etonnant pour une femme devenue orpheline à l’âge de 4 ans, en même temps que ses cinq frères et sa sœur? «Pas du tout, confie-t-elle, la voix pleine d’émotion. Nous avons passé notre vie à les rechercher, sans relâche. Nous ne croyions pas pouvoir leur donner un jour les obsèques qu’ils méritaient. Je dois dire qu’après 75 ans d’attente cette nouvelle m’apaise profondément.»

Partis nourrir le bétail

L’histoire des parents de Marceline est digne d’un roman. Son père cordonnier, Marcelin, et sa mère institutrice, Francine, avaient 40 et 37 ans au moment de leur disparition. Partis à pied le 15 août 1942 de Chandolin (Savièse, VS), en direction d’un alpage bernois, ils étaient censés rentrer le soir même. «Ils allaient nourrir leur bétail comme toujours, raconte Marceline. C’était par ailleurs la première fois que ma mère accompagnait mon père pour une telle excursion. Elle avait toujours été enceinte auparavant et ne pouvait pas effectuer des déplacements dans des conditions météorologiques aussi dures que celles du glacier.»

Sans signe de vie du couple, des équipes du village mènent des opérations de recherches dans les nombreuses crevasses de la montagne pendant deux mois et demi. «Puis, un jour, il a fallu se rendre à l’évidence, se remémore Marceline. Ils n’allaient pas rentrer.»

De cette triste période, en pleine Seconde Guerre mondiale, la Valaisanne n’a que quelques vagues souvenirs. «Je me souviens de la sœur de mon père, qui pleurait dans l’escalier de la maison, en me tenant dans ses bras, raconte-t-elle. Peu de temps après, nous, les enfants, avons été séparés et placés dans différentes familles. Pour ma part, j’ai pu rester chez ma tante. J’ai eu de la chance.»

La fratrie se retrouve

S’ensuivent des années d’austérité post-guerre et une distance qui se creuse toujours davantage entre les membres de la grande fratrie. «Nous vivions tous dans la région, mais nous étions devenus des inconnus les uns pour les autres, s’attriste Marceline. Puis un de mes frères, devenu prêtre entre-temps, a organisé une messe commémorative sur le glacier en 1957. Cela a été un grand moment de retrouvailles pour nous.»

Si chacun «a eu une vie pleine» à partir de ce moment-là, le deuil de la disparition tragique des parents ne sera jamais fait complètement. «Je suis montée trois fois sur le glacier par la suite, toujours à leur recherche, confie la septuagénaire. Je me demandais constamment s’ils avaient souffert et ce qu’ils étaient devenus. J’ai le bonheur d’avoir des réponses à ces questions désormais.»

Face à cette découverte aussi bouleversante qu’inattendue, Marceline, qui vit avec son mari dans le village paisible qui l’a vu naître, compte garder le sourire: «Pour l’enterrement, je ne mettrai pas du noir. Je pense que le blanc sera plus approprié. Cela représente l’espoir, que je n’ai jamais perdu.» (Le Matin)

Créé: 18.07.2017, 11h00

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