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France voisine «Celui qui a décapité notre chienne est un malade!»

La découverte en deux temps du cadavre de leur épagneul tibétain à la gare de Delle fait enrager ses propriétaires. Rencontre.

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Qui s'est emparé de Loulou le 5 janvier dernier dans un jardin de Delle (F) pour restituer le cadavre de cet épagneul tibétain deux semaines plus tard et en deux temps, le corps lundi et la tête mardi, sur un quai de la gare? Sordide, cette question taraude un couple de villageois.

De leur chienne si chaleureuse, il ne leur reste qu'une photo floue sur un smartphone: «Elle n'aimait pas être photographiée», indique sa maîtresse en peine. Tant que l'affaire ne sera pas réglée, le couple vit dans l'angoisse et tient à sa discrétion: «Celui qui a décapité notre chienne est un malade!», disent-ils.

Il y a sept ans

Des photos de chiens morts de vieillesse décorent les murs de la salle à manger et témoignent de leur amour des animaux. Loulou, ils sont allés le chercher bébé, il y a sept ans, chez un éleveur de Cirey, du côté de Besançon.

La petite chienne baptisée officiellement Heelou a été adoptée... avec sa sœur, remise à la fille du couple. Depuis lors, les deux chiennes se retrouvaient régulièrement dans le jardin grillagé de Loulou.

Pas fugueuse

Problème le 5 janvier: tandis que leurs propriétaires avaient le dos tourné après une promenade, la chienne a-t-elle fugué? «Elle n'était pas la plus fugueuse des deux et sa sœur est restée assise en regardant vers le portail ouvert», témoigne la famille.

Quelqu'un a-t-il poussé le portail pour s'emparer de Loulou? Cette conviction est étayée par une observation: «Gentille, Loulou faisait des bisous à tout le monde», relève la fille du couple. La chouchou de la famille était confiante. Trop confiante.

Fauve charbonnée

Avec sa robe fauve charbonnée, Loulou avait le poil raccourci par un toilettage effectué deux semaines plus tôt. «Elle était belle... et valait 1000 euros», glisse son propriétaire.

Après avoir vainement cherché Loulou en interpellant les passants, le long du boulevard de Belfort, le couple s'est dit que le voleur voulait se faire de l'argent. Ou faire une nichée, vu que la chienne n'était pas stérilisée. Différents scénarios les ont turlupinés jusqu'à lundi dernier, lorsque leur vétérinaire les a appelés. «En présence d'un chien sans tête, il a reconnu Loulou qu'il connaissait bien», indique le propriétaire, parti reconnaître sa chienne contre l'avis du praticien.

Sac-poubelle

Convoqué à la gendarmerie en contrebas de la gare, le propriétaire a appris que le corps de sa petite chienne a été découvert dans un sac-poubelle. «Ça nous a coupé les pattes», dit-il sans chercher le jeu de mots.

Le deuxième choc surviendra le lendemain soir, avec la découverte de la tête, toujours sur le quai mais cette fois en plein jour, sous une bâche ensanglantées tenue par des cailloux. La puce électronique implantée dans le cou n'a pas été retrouvée.

«Pour nous, cette chienne, c'était comme un gosse», témoigne le couple, comme pour donner toute la mesure de l'atrocité commise. Dans une maison où les serrures sont fermées en permanence, il règne beaucoup autant de colère que de tristesse.

De la République

Après le dépôt d'une plainte, gendarmes, policiers et pompiers sont mobilisés. Le propriétaire de la chienne est admiratif de leur travail, lui qui assiste pour la première fois à une enquête. «Ça va loin pour un chien, jusqu'au Procureur de la République», lâche-t-il.

La police scientifique a relevé des empreintes sur le sac, la bâche, les cailloux... Quelqu'un en voulait-il au couple? «On n'a pas de voisin, on ne fréquente personne», disent-ils pour résumer leur désarroi.

Longer le grillage

Les deux épagneuls habitués à courir le long du grillage côté route ont-ils énervé un passant irascible? La revente de Loulou s'était-elle mal passée? Toutes les suppositions traversent les esprits.

Au café de la gare, l'affaire est évoquée à demi-mots: «C'est atroce», lâche le sommelier en évoquant «le 3e quai». «Si ça se trouve, c'est un règlement de comptes», dit un client plus bavard, attablé devant son café. Son conseil: «Ne vous occupez pas de ça! Et pour votre sécurité, n'allez pas dans le quartier de la Voinaie: c'est mal famé».

«Une vengeance»

Un nouvel arrivé se juche sur une chaise haute: «C'est une vengeance», tranche-t-il. Le climat est, dit-il, «un peu chaud en ce moment» à Delle: «Un renard a été retrouvé pendu dans la forêt», affirme-t-il.

Que se passe-t-il dans cette ville de 5700 habitants, 4 à 5 fois plus peuplée que sa voisine suisse Boncourt? «À Châtenois-les-Forges aussi, un chien a été volé dans un jardin le 5 janvier. Et c'était une toute autre pièce: un berger des Pyrénées», dit un habitant.

Vincent Donzé

Créé: 23.01.2020, 15h32

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