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Réactions «Le diplomate suisse devrait être viré»

Pour le conseiller national socialiste genevois Manuel Tornare, l’ambassadeur chauffard ne doit plus représenter la Suisse.

Le conseiller national Manuel Tornare a été l'un des premiers à commenter sur Twitter.

Le conseiller national Manuel Tornare a été l'un des premiers à commenter sur Twitter. Image: Laurent Crottet

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«Paris: le diplomate suisse ivre devrait être viré.» Tel est le message limpide envoyé par le conseiller national Manuel Tornare sur Twitter. «Il faut bien sûr respecter la présomption d’innocence, mais si les faits tels qu’ils ont été relatés sont avérés cet homme doit démissionner», nous explique le socialiste genevois. «Ce dérapage n’est pas bon du tout pour l’image de la Suisse. Et le moment est particulièrement mal choisi: la Suisse n’a déjà pas une bonne image auprès de la France et on parle ici d’un homme qui représente notre pays à l’OCDE. Avec les négociations fiscales actuelles, on ne peut pas se permettre d’être représenté par des gens qui perdent leur légitimité.»

En pleine session parlementaire à Berne, la nouvelle du rodéo en Mercedes reproché à un haut diplomate suisse à Paris suscite de vives réactions. Membre de la Commission des affaires étrangères, le sénateur Didier Berberat (PS/NE) estime ainsi urgent que « le diplomate soit au moins rapatrié à Berne. Il en va de la crédibilité et de l’image de la Suisse». Et d’ajouter: «En me basant sur ce que j’ai lu dans les médias, il y a un sérieux problème. Il peut arriver qu’un diplomate commette une banale infraction routière sans que cela fasse scandale. Mais cette affaire semble plus grave, ça fait vraiment désordre.»

Même inquiétude auprès de la conseillère nationale Christa Markwalder (BE/PLR), fine connaisseuse de notre politique étrangère. «Il semble que l’incident est sévère, dit-elle. Il faudra clarifier les faits, mais on peut estimer que les dégâts sont déjà là pour l’image de la Suisse.» Comme d’autres élus, elle relève l’importance stratégique du poste occupé par Stefan Flückiger, le diplomate pris en faute à Paris. Hissé au rang d’ambassadeur, il dirige depuis 2010 la délégation suisse auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Rattaché au Secrétariat d’Etat à l’Economie, ce diplomate expérimenté à en fait deux patrons: le ministre de l’Economie, Johann Schneider-Amann, et celui des Affaires étrangères, Didier Burkhalter. Pour l’heure, ils refusent tous deux de s’exprimer sur cette affaire.

Créé: 04.06.2013, 13h08