Mercredi 26 février 2020 | Dernière mise à jour 00:03

Diana et Adrien Drame de Vidy: le chauffard échappe à la prison ferme

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a tranché. Georges*, qui a tué le jeune couple sur un passage piéton, n'ira pas en prison. Il écope d'une peine de 24 mois, assortie du sursis complet.

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Les juges lausannois ont retenu trois des quatre infractions soutenues par le Ministère public: l'homicide par négligence, la violation grave des règles de la circulation routière et la circulation sans assurance responsabilité civile. Georges* est en revanche libéré de l'infraction de conduite d'un véhicule automobile malgré une incapacité de conduire.

Suite à une requête des parties civiles et afin d'éviter un ajournement du procès mardi, la Cour vaudoise avait accepté de se pencher sur une éventuelle aggravation – mise en danger de la vie d'autrui – lorsqu'elle délibérerait. Si elle a étudié scrupuleusement cette infraction supplémentaire qui induit l'intention et l'absence de scrupules, elle a estimé qu'elle n'était pas réalisée dans le cas d'espèce.

Condamné, mais libre

Passablement diminué, le forain de 65 ans est condamné à 24 mois de peine privative de liberté, assortie du sursis total durant 5 ans. Il ne sera donc pas incarcéré. Pas de prison ferme pour celui qui a ôté la vie à Diana, 22 ans, et Adrien, 25 ans, sur un passage clouté de l'avenue de Rhodanie, à Lausanne, le samedi 8 avril 2017. Inaudible et révoltant pour les familles décimées qui le redoutaient fortement. Mercredi, le procureur Stephan Johner avait requis une sanction bien supérieure: 30 mois, dont 6 mois ferme. Le tribunal s'est ainsi largement écarté des conclusions de l'accusation, même s'il considère que la culpabilité de Georges est lourde.

Il n'a pas agi intentionnellement

Rendu jeudi en fin de journée, le jugement relève que le conducteur de la camionnette blanche a bien perdu la maîtrise de son véhicule et n'a pas agi intentionnellement. Au bénéfice du doute, le tribunal retient que son pied droit (ndlr. chaussure orthopédique) s'est coincé et s'est emmêlé entre les pédales de frein et d'accélérateur, ce qui explique l'absence de traces de freinage avant le choc. Il estime aussi que l'accusé n'a pas entrepris volontairement le dépassement de la Mercedes qui le devançait et qui cédait le passage aux deux jeunes gens.

«Le poids de la conscience»

En revanche, toujours pour la Cour, le prévenu n'a effectivement pas vu à temps cette même Mercedes ce qui l'a fait paniquer au dernier moment et fait dévier de sa trajectoire, à gauche puis à droite. Son état de santé général et sa prise de conscience ont également interpellé les juges de Montbenon et, peut-être, fait pencher la balance vers le bas: «Georges est apparu très affecté tout au long de la procédure, il a le poids de la conscience et de la vindicte populaire».

«Assassins, Assassins!»

Avant de clore l'audience de jugement, la présidente de céans, Katia Elkaim, a tenu à s'adresser aux familles dans le deuil, avec délicatesse et émotion: «Le tribunal a été extrêmement sensible à votre douleur. Il est impossible d'imaginer l'horreur absolue. Nous voulons vous dire notre sympathie». Ces quelques mots ont provoqué l'ire du public qui s'apprêtait à quitter la salle d'audience, survolté par le sursis octroyé au conducteur coupable. Plusieurs personnes ont invectivé les juges et Georges: «Assassins, Assassins, Assassins!», «Injustice», «Bravo», «Lamentable», «Vous faites pitié tous avec vos petits maillots».

Une maman qui hurle

Un déploiement policier avait été prévu pour contenir ce type de réaction attendue, avant, pendant et après le verdict. Des renforts étaient également en faction à l'extérieur en cas de débordement. Le Palais de Justice de Montbenon s'est vidé gentiment, sans heurts. Détruite, la maman de Diana est partie s'isoler aux toilettes pour hurler. Hurler «Diana» encore et encore, comme elle le fait régulièrement chez elle toute seule, avait-elle raconté durant le procès, quand la souffrance est intenable. Sa voix et ses cris ont retenti dans tout le bâtiment. Le prénom de sa fille unique, morte en tenant la main de son amoureux, Adrien.

evelyne.emeri@lematin.ch

*Prénom d'emprunt

Créé: 21.03.2019, 17h44

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