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Vaud Les enfants vivaient un enfer, leurs parents finissent en justice

Aujourd’hui ados, deux Vaudois ont été battus et humiliés durant toute leur enfance. Des faits admis sur l’essentiel par les ex-époux, sur le point d’être jugés.

Placés en foyers depuis les derniers coups donnés une nuit d'été 2016, les enfants avaient été frappés par leurs parents, principalement au domicile de leur mère, le long de cette rue de Vallorbe (VD).

Placés en foyers depuis les derniers coups donnés une nuit d'été 2016, les enfants avaient été frappés par leurs parents, principalement au domicile de leur mère, le long de cette rue de Vallorbe (VD). Image: Darrin Vanselow

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A l’âge de 12 ans, Gabriel* a eu le courage de déposer une plainte contre sa propre mère, Ana*. La veille au soir, lors d’une nuit tropicale de juillet 2016, cette trentenaire lui aurait cogné la tête contre un mur du domicile – à Vallorbe (VD) –, avant de propulser l’enfant au sol. Où la femme l’aurait ensuite violemment maintenu par les poignets, et giflé au visage. Une douzaine d’hématomes, d’ecchymoses et de griffures de plusieurs centimètres – compatibles avec cet enchaînement des faits – avaient en tout cas été constatés à l’hôpital dans les heures suivant cette agression. L’intéressée ne nie pas en être la cause.

Cela faisait alors huit ans (depuis sa séparation d’avec Sebastian*, également trentenaire, le père de ses deux enfants) qu’Ana avait la garde quasi exclusive de Gabriel et de Sofia*, de deux ans son aînée. Ce dimanche-là, la famille avait passé l’après-midi ensemble, tous les quatre.

«Alcoolisation excessive»

À en croire l’acte d’accusation signé par le procureur Stephan Johner, le ton serait monté en cours de soirée, lorsque l’ex-mari aurait dit à Gabriel qu’il ne serait pas son fils. Tout en lui ordonnant d’insulter sa mère, et d’aller poignarder le compagnon de cette dernière. Et ce dans un climat de terreur, frappant contre les murs et à proximité de l’enfant, au moyen notamment d’un cerceau. Une dispute entre ex-époux qui atteindra son paroxysme, vers 1 h du matin, au moment où Ana expulse Sebastian du logement, tout en empêchant Gabriel de partir avec son père. Le préado se serait vivement opposé à cela, provoquant le déchaînement de violence de sa mère.

Cette nuit cauchemardesque est à l’origine du placement des enfants en foyer, survenu deux mois plus tard. Car chacun des parents a bien dû admettre qu’ils n’ont cessé de se disputer violemment en présence de Sofia et de son jeune frère, «sur fond d’alcoolisation excessive», et ce depuis la séparation du couple en 2008. Et aussi de les avoir maltraités, psychologiquement et physiquement.

Ana aurait ainsi «régulièrement» frappé et jeté son fils au sol, mais aussi lancé de l’eau, sur Gabriel comme sur Sofia. Ou encore «utilisé l’un pour punir l’autre». En plus de menaces et de gifles, Sebastian aurait même demandé à son fils de cogner sa mère – heureusement sans succès.

«Ils se servaient des enfants pour alimenter leur propre conflit», résume le procureur Johner, sollicité par nos soins. Et de demander que des peines pécuniaires avec sursis ainsi qu’une amende immédiate de 600 francs soient prononcées à l’encontre des deux trentenaires.

Ana ayant manqué à l’appel, hier au Tribunal d’Yverdon, – et ce sans prévenir –, le procès pourrait ne pas avoir lieu avant septembre.

* Prénoms d’emprunt

Créé: 27.04.2018, 10h34

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