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Procès Un escroc nigérian arnaquait sur internet

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a condamné un Nigérian de 32 ans à 3 ans et demi de prison ferme. Entre fin 2009 et début 2011, il a commis de nombreuses escroqueries sur Internet.

Le Tribunal correctionnel de Lausanne.

Le Tribunal correctionnel de Lausanne. Image: Keystone

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L'homme a été reconnu coupable d'escroquerie par métier, de faux dans les titres et de blanchiment d'argent qualifié. Deux complices écopent de 240 jours-amende et 120 jours-amende. Tous deux ont été mis au bénéfice du sursis.

La culpabilité du principal condamné est «lourde». L'homme, «égoïste et cupide», est «l'un des multiples membres d'une vaste organisation de type clanique» qui agit au niveau international, une «tête de pont» en Suisse. Les juges n'ont pas accordé de crédit à ses dénégations.

L'arnaque, connue sous le nom de «Nigerian connection», consiste à appâter des victimes au moyen de courriels non sollicités, en leur faisant miroiter d'importants profits. En échange, elles doivent payer d'importants «frais administratifs» censés libérer des colis contenant des sommes très élevées, bloqués dans des douanes ou des aéroports. Après quelques échanges de courriels, l'escroc contacte ses victimes par téléphone mobile et leur remet de fausses attestations bancaires ou douanières.

Nombreux comptes bancaires

Début 2009, l'homme s'est lié d'amitié avec un gymnasien togolais, rencontré dans une bibliothèque. Lui expliquant qu'il ne pouvait ouvrir de compte bancaire à son nom en raison d'une demande d'asile pendante, mais qu'il était actif dans des affaires immobilières, il l'a convaincu de lui servir de prête-nom pour ouvrir huit comptes bancaires.

Entre mars et août 2010, plus de 330'000 francs provenant d'escroqueries commises au préjudice de personnes ou de sociétés établies à l'étranger ont été crédités sur ces comptes, puis prélevés en espèces et transférés à l'étranger, notamment au Nigéria.

C'est finalement la Banque cantonale neuchâteloise, intriguée par les montants transitant sur le compte de l'étudiant, qui a signalé le cas au Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS) et permis l'ouverture de l'enquête.

L'étudiant, qui a toujours clamé sa bonne foi, a été condamné à 240 jours-amende avec sursis pour «blanchiment d'argent qualifié». Les juges ont tenu compte de l'«excellente impression» qu'il a faite à l'audience et de la sincérité des regrets qu'il a exprimés. (ats/nxp)

Créé: 24.04.2013, 18h08