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Allemagne Accusé de 100 meurtres, l'ex-infirmier passe aux aveux

Niels Högel a reconnu mardi à l'ouverture de son procès les 100 meurtres de patients pour lesquels il est jugé. Une affaire sans précédent depuis la guerre.

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Allemagne: perpétuité pour un infirmier

Allemagne: perpétuité pour un infirmier Le procès de Niels H. a débuté le 30 octobre 2018. L'infirmier a été condamné à la perpétuité pour avoir tué au moins 85 patients.

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Un ancien infirmier allemand, Niels Högel, a reconnu mardi à l'ouverture de son procès les 100 meurtres de patients pour lesquels il est jugé.

Après une minute de silence à la mémoire des victimes et la lecture de l'acte d'accusation, la cour a demandé en fin de matinée à M. Högel si les accusations le visant étaient justes. «Oui», a-t-il répondu à voix basse, avant d'ajouter de manière sibylline que ce qu'il a avoué «a bien eu lieu».

Surprise, la salle a accueilli ces aveux dans le silence.

Précédemment, l'accusé avait écouté, tête baissée, sans expression, les noms des 100 personnes qu'il a tuées et qu'égrainait la procureure, Daniela Schiereck-Bohlmann.

C'était le stress Cet homme de 41 ans, déjà en prison depuis près de dix ans pour sa responsabilité dans six autres crimes similaires, a fait face aux dizaines de proches de ses victimes présumées pour une audience qui a débuté à 10 heures dans le centre polyvalent d'Oldenbourg, faute de place suffisante au tribunal.

Tous veulent que justice soit rendue et achever leur deuil, mais aussi comprendre comment l'infirmier a pu tuer de 2000 à 2005 dans les hôpitaux où il travaillait sans que ses employeurs, la police ou la justice réagissent.

«Tous les éléments étaient là, tout était connu. Pas besoin d'être Sherlock Holmes» pour comprendre qu'un meurtrier était à l'oeuvre, martèle à l'AFP le petit-fils d'un défunt, Christian Marbach.

Interrogé par la Cour, Niels Högel a commencé à apporter de premiers éléments de réponses sur sa vie et sa personnalité, expliquant s'être drogué aux analgésiques pour faire face à la pression d'un service de soins intensifs en sous-effectif.

«C'était le stress. Avec les médicaments, ça me paraissait plus facile, tout simplement», a expliqué l'accusé, avant d'ajouter qu'il aurait dû réaliser que «ce métier n'était pas fait pour (lui)».

Désir de briller

Pendant cinq ans, d'abord dans l'Hôpital d'Oldenbourg puis dans celui de la commune voisine de Delmenhorst, Niels Högel a injecté, selon l'accusation intentionnellement, à des patients des médicaments pour provoquer un arrêt cardiaque avant de tenter de les ranimer, le plus souvent sans succès.

Ses motifs: son désir de briller devant ses collègues en montrant ses talents de réanimation, et «l'ennui», selon le parquet. Il choisissait arbitrairement ses victimes, âgées de 34 à 96 ans.

L'expertise psychiatrique a révélé des troubles narcissiques et une peur panique de la mort.

Satisfait d'être le plus grand criminel

Jusqu'ici, Niels Högel n'a jamais exprimé de réels remords. Et selon des codétenus, il se satisfait d'être le plus grand criminel depuis la dernière guerre en Allemagne.

Comprendre ce dossier sans précédent, c'est la promesse formulée mardi par le juge Sebastian Bührmann au début de ce procès qui doit durer au moins jusqu'en mai: «C'est comme une maison dont les pièces sont plongées dans le noir. Nous voulons faire la lumière dans le noir».

Plus de 200 morts ?

Car si le procès porte sur 64 meurtres à Delmenhorst et 36 à Oldenbourg, Niels Högel aurait encore bien des secrets. En effet, les enquêteurs évaluent le nombre réel de ses victimes à plus de 200, mais impossible de le prouver car de nombreux patients ont été incinérés.

Le chemin fut long avant d'arriver à l'audience de mardi.

Surpris en 2005 en train d'injecter un produit non prescrit à un patient à Delmenhorst, Niels Högel est condamné en 2008 à 7 ans de prison pour tentative de meurtre. Un deuxième procès suit en 2014-2015, sous la pression de proches de victimes. Il est reconnu coupable de meurtres et tentatives de meurtres sur cinq autres personnes, et condamné cette fois à la prison à vie avec une peine de sûreté de 15 ans.

C'est alors qu'il avoue à son psychiatre au moins 30 meurtres de plus à Delmenhorst. Les enquêteurs étendent leurs recherches en conséquence à l'Hôpital d'Oldenbourg et procèdent à plus de 134 exhumations.

L'ampleur de la série de meurtres est révélée au grand jour et choque le pays car elle soulève aussi la question de la responsabilité des hôpitaux qui n'ont pas su l'arrêter, malgré la fréquence des réanimations et des décès lorsqu'il était de service.

Des anciens collègues et supérieurs hiérarchiques devront ainsi aussi s'expliquer devant la justice, une fois le procès de Niels Högel bouclé.

(afp/nxp)

Créé: 30.10.2018, 09h12

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