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HOME-JACKING Elle frappe et menace une nonagénaire lausannoise

Une cambrioleuse récidiviste de 22 ans sera jugée lundi pour s’être introduite chez une dame de 90 ans, qu’elle a violentée et menacée de mort.

La jeune cambrioleuse avait forcé la porte-fenêtre que lui avait ouverte la nonagénaire un soir de février 2017, dans ce quartier tranquille près de la gare.

La jeune cambrioleuse avait forcé la porte-fenêtre que lui avait ouverte la nonagénaire un soir de février 2017, dans ce quartier tranquille près de la gare. Image: lematin.ch

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«En voyant cette jeune femme, bien sous tous rapports, vous ne pensez pas qu’elle serait capable de faire ce qu’elle a fait l’an dernier…» Me Claire Charton est l’avocate de Jessica*, une braqueuse au profil pour le moins atypique. Noiraude aux yeux bleus, plutôt frêle, et âgée de seulement 21 ans le jour du home-jacking.

En ce mercredi de février 2017, il était environ 18 h – soit à la nuit tombée – lorsque la cambrioleuse a frappé à la porte-fenêtre de la maison où vit Bernadette*, une Lausannoise de 90 ans, alors veuve depuis deux ans et demi. Une version des faits retenue par la procureure Ximena Manriquez dans son acte d’accusation. Jessica, elle, prétend que la retraitée serait sortie d’elle-même de son logement après avoir «regardé de travers», par une fenêtre, la jeune femme qui marchait le long de la rue – et ce avec insistance…

Coup de bougeoir à la tête

Le déroulement du reste de la séquence est admis dans les grandes lignes par l’accusée: celle-ci aurait d’abord réclamé de l’argent à la nonagénaire (ndlr: cette dernière avait d’abord cru qu’il s’agissait d’un soignant venu s’occuper d’elle, comme chaque soir). Jessica lui a ensuite asséné un premier coup près d’un œil, avant de l’emmener sous la contrainte jusqu’à la chambre à coucher, où la cambrioleuse fera tomber Bernadette au sol en la bousculant violemment. Et de lui hurler à plusieurs reprises: «Si tu cries, je te tue!»

Seul autre élément contesté par la défense: un coup porté au niveau de la tête au moyen d’un bougeoir. «Ma cliente dit ne pas s’en souvenir, explique Me Charton. Elle admet l’avoir eu entre les mains puisque son ADN a été retrouvé dessus, mais elle ne pense pas avoir frappé cette dame avec.» Une blessure compatible avec l’usage d’un tel objet avait en tout cas été constatée au niveau de la tête de la nonagénaire. «Elle avait vu que l’accusée tenait quelque chose dans ses mains au moment de l’agression, mais sans pouvoir dire quoi», réagit le conseil de la victime, Me Fabien Mingard. «Comme le bougeoir avait été déplacé du salon à la chambre à coucher, on imagine que c’est bien cela qui a été utilisé…» Et l’homme de loi d’ajouter que c’est «un petit miracle» si Bernadette, bien que traumatisée, n’a pas eu de séquelles sur le long terme. «Il aurait suffi qu’elle fasse une plus mauvaise chute pour qu’elle ne se relève pas du tout, compte tenu de sa récente opération à la hanche et au col du fémur.» Butin final: 320 fr. et une vingtaine de bijoux en or, emportés en vidant le coffret dans le sac à main de la retraitée…

Incarcérée peu après les faits, Jessica – déjà condamnée en 2015 pour vols et violences, notamment contre des fonctionnaires – a été diagnostiquée borderline, et surtout toxicomane. Comme son père, bien connu de la scène de la drogue fribourgeoise. «Elle était sous l’influence de la drogue, mais c’est un peu facile!» lance la procureure Manriquez. «Car l’expertise psychiatrique dit aussi qu’elle était parfaitement consciente de ce qu’elle faisait.» La braqueuse avait en tout cas pensé à dissimuler le téléphone de la nonagénaire – piles préalablement retirées – derrière une commode, afin de l’empêcher de prévenir la police… Procès lundi à Lausanne.

* Prénom d’emprunt

Créé: 28.04.2018, 11h04

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