Vendredi 19 octobre 2018 | Dernière mise à jour 09:24

Dégâts Gazons sabotés par vengeance

Un sabotage au désherbant, commis par l’ancien associé d’un fournisseur de peinture, a endommagé les terrains de quatre clubs de football bernois et jurassiens.

Le FC Courroux (ici l’entraîneur de la première équipe, Claude Ciocchi) a enfin retrouvé un gazon digne de ce nom.

Le FC Courroux (ici l’entraîneur de la première équipe, Claude Ciocchi) a enfin retrouvé un gazon digne de ce nom. Image: Laurent Crottet

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La disparation du gazon sous les lignes blanches des terrains de football de quatre clubs jurassiens et bernois était un mystère qui a trouvé son épilogue judiciaire: l’ancien associé d’un fournisseur de peinture a été reconnu coupable de dommages à la propriété. Son stratagème, aussi vengeur que sournois? Introduire à la seringue du glyphosate dans des bidons de peinture.

Les méfaits remontent à deux ans. À l’automne 2015, le président et entraîneur du FC Courroux remarque la détérioration de la pelouse: «Le gazon jaunissait sur les lignes», se remémore Claude Ciocchi. Le ruban de peinture, renouvelé chaque vendredi, ne tenait plus sur le gazon. L’herbe a fini par sécher, mais ce marquage naturel n’est pas agréé par l’Association suisse de football. Au même moment, trois autres clubs ont été confrontés à une situation identique: le FC Franches-Montagnes, le FC Moutier et le FC Court. «C’est un sillon profond de 5 centimètres qui s’est creusé sous les lignes», rapporte Alain Wyss, président du FC Court.

Les regards se sont immanquablement tournés vers le fournisseur de la peinture, dénoncé à la justice. Prudent, Alain Wyss en a donc changé rapidement, passant de Saignelégier (JU) à Porrentruy (JU). Mais Claude Ciocchi est resté fidèle à son fournisseur habituel, en dépit de la dégradation d’une pelouse de 63 mètres sur 100. Les bidons suivants n’ont pas posé de problème, mais le jaunissement a recommencé avec ceux d’après.

«Victimes collatérales»

L’analyse de plusieurs échantillons en laboratoire désignera le coupable: la peinture. C’est une caméra de surveillance qui trahira l’ancien associé du fournisseur, les deux hommes s’étant séparés en partageant leur entrepôt. Son sabotage lui vaudra 70 jours-amendes à 70 francs, assortis d’un sursis de deux ans, et 989 francs d’amende ajoutés à quelque 4700 francs de frais.

Pour chaque club, les remises en état ont coûté autour de 5000 francs, remboursés par l’assurance du fournisseur. «Il a fallu gratter la terre contaminée, la remplacer et ressemer du gazon», raconte Claude Ciocchi. Ce soir, à Courroux, l’entraînement reprendra sur une véritable moquette fleurie par quelques marguerites et régénérée par des vers de terre, dans une infrastructure de premier plan pour un club qui comprend une équipe de 3e ligue, mais aussi l’équipe féminine romande la mieux garnie.

Entraîneur de la première équipe, Claude Ciocchi a désormais tourné la page des lignes jaunies au Roundup pour se tourner vers le réaménagement des terrains B et C, avec un secteur de musculation. Maintenant que la justice a établi que la vengeance du saboteur n’était pas dirigée contre les clubs de foot, Claude Ciocchi est-il soulagé? «Nous sommes des victimes collatérales, mais l’auteur savait parfaitement qu’il nous causait un préjudice», relève l’homme fort du FC Courroux. (Le Matin)

Créé: 10.01.2018, 15h41

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.