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France L'histoire de l'homme qui avait découpé une retraitée

Le passé ordinaire d'un homme accusé d'avoir commis un meurtre particulièrement horrible a été évoqué lundi devant la justice.

L'arrivée d'Yves Bureau dans le box des accusés.

L'arrivée d'Yves Bureau dans le box des accusés. Image: AFP

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Yves Bureau, 59 ans, ex-conseiller municipal soupçonné d'avoir assassiné en septembre 2009 en Dordogne une retraitée allemande dont le corps a été découpé, a été décrit lundi, au premier jour de son procès en appel devant la cour d'assises de la Gironde comme un homme «ordinaire» jusqu'à ce crime.

Incompréhension générale

Toute la journée, l'accusé, un homme de forte corpulence au crâne dégarni, est resté placide, ne se laissant aller à aucun emportement contrairement à son premier procès, à l'issue duquel il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 20 ans.

La tête baissée, accoudé au box, ce père de deux enfants, marié à l'époque des faits, a écouté les membres de son entourage qui, plus de trois ans après les faits, disent leur incompréhension face à cet assassinat.

Un père exemplaire

«Il a toujours été un père exemplaire. Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça. Je pense qu'il a disjoncté, il n'était pas dans la réalité, on ne s'est pas rendu compte que ça n'allait pas», a raconté à la barre son frère Francis Bureau, 67 ans, aide-soignant à la retraite.

Jusqu'au jour de l'assassinat d'Edith Muhr, une Allemande de 68 ans qui vivait avec son mari dans un village voisin, le 10 septembre 2009, Yves Bureau menait une vie paisible, entre son travail à la ferme et sa vie de famille à Verdon, petite commune de Dordogne où il a été conseiller municipal. «C'était un très bon voisin, je n'ai jamais eu de problème avec lui», a témoigné Philippe Neyrac, 71 ans, qui a vécu 25 ans à côté de la maison de l'accusé. «C'était un bon père, réservé et introverti mais qui avait une vie normale et tout à fait tranquille», a ajouté Viviane Neyrac. Pour Pierre Bertet, qui a travaillé plus de dix ans à ses côtés dans une poudrerie à Bergerac, «il était renfermé et sans histoires. C'était une personne particulièrement saine (...) il chassait mais il n'a jamais découpé un animal, c'était pas son but».

Une vie banale

«Tout le monde a été très étonné de cette histoire, c'est incompréhensible! », a lancé cet ex-collègue. Interrogé sur son histoire personnelle, Yves Bureau s'est contenté d'évoquer une existence aux côtés d' «un père très dur et violent», décédé quelques mois après le crime, et d'«une mère qui n'avait pas la parole». Sa femme, Françoise, avait une plus forte personnalité que lui mais «on se complétait», a souligné l'accusé, désormais en instance de divorce. Pour l'enquêteur de personnalité Charles Nouzarede, «rien, dans sa vie, ne le prédestinait à se retrouver devant une cour d'assises, il avait une vie banale et cela aurait dû lui permettre d'avoir des jours heureux mais à l'occasion d'une rencontre, il va révéler un comportement que personne ne lui connaissait».

Originaire de la région de Cologne, Mme Muhr, que l'accusé connaissait à peine, avait disparu le 10 septembre 2009 en milieu de journée alors qu'elle cheminait le long d'une petite route pour rejoindre son mari afin de déjeuner au restaurant.

Dès le lendemain, Yves Bureau, était placé en garde à vue. Tout en présentant aux enquêteurs diverses versions des faits, il reconnaissait alors avoir procédé au dépeçage du corps de Mme Muhr dans la grange de la ferme. Sur ses indications, les restes avaient été retrouvés le 12 septembre dans des sacs à engrais, au milieu d'un champ de maïs, à quelques kilomètres du lieu de la disparition. Les résultats de l'expertise médico-légale permettent également de supposer que la victime était vivante lorsque les mutilations ont débuté. Il aurait ensuite procédé au démembrement du corps, à une décapitation, des éviscérations et des amputations.

Créé: 08.04.2013, 17h37

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