Samedi 30 mai 2020 | Dernière mise à jour 20:51

NEUCHÂTEL L'homme qui a maîtrisé l'agresseur à la hache témoigne

Un patient s’est enfui lundi du centre psychiatrique neuchâtelois. Le lendemain, il a attaqué deux conductrices à la hache. Celui qui l’a maîtrisé témoigne.

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Frappée trois fois, la vitre latérale de la voiture s’est brisée, côté conducteur, mardi soir à la déchetterie de Valangin (NE). Nicolas, le passager, n’a pas compris ce qui se passait. Mais quand la portière s’est ouverte, il a vu une hache toucher à l’épaule sa compagne, déjà blessée aux yeux par les éclats de verre. «Je me suis précipité hors de la voiture pour lui faire une clef de bras, tandis qu’il brandissait sa hache», rapporte cet homme portant une minerve depuis son hospitalisation. Désarmé, l’agresseur s’est défendu dans un combat corps à corps, sans pouvoir récupérer l’arme blanche tombée à deux mètres.

«Il m’est apparu calme, mais sujet à des accès de furie», témoigne Nicolas qui lui a demandé: «Pourquoi t’as fait ça?» «Je voulais la voiture blanche. La noire, je la voulais aussi», a-t-il répondu. En effet, avant de viser la voiture noire où se trouvait Nicolas, l’homme s’en était pris à une autre, blanche, abattant sa hache sur la nuque de la conductrice: «Elle saignait. Mon amie lui a ensuite porté secours, tandis qu’un voisin m’aidait à neutraliser le forcené qui m’a mordu à la main», ajoute Nicolas.

La violence du fugueur n’était pas prévisible

L’individu de 31 ans, qui cherchait visiblement à s’approprier un véhicule par tous les moyens, venait du Centre neuchâtelois de psychiatrie à Préfargier, où il avait été admis dimanche en placement volontaire. Le lendemain, profitant de la visite de sa femme, il s’est enfui sur le chemin de la cafétéria. Comme il n’était pas seul, aucun infirmier ne l’accompagnait. «La vision psychiatrique d’aujourd’hui est ouverte et humaniste», indique Stéphane Saillant, médecin-chef de l’institution, qui compte 78 lits de soins aigus. Si certaines situations cliniques génèrent de la violence, celle du fugueur n’était pas prévisible. Son épouse a été dans l’incapacité de le rattraper.

À Marin-Epagnier, le fugueur a frappé une femme au visage en voulant prendre son véhicule. Puis il est réapparu mardi, une hache à la main, dix kilomètres plus loin, à Valangin. Après la prise en charge des deux conductrices blessées, la police neuchâteloise a interpellé l’individu, neutralisé par trois personnes. Hier, les deux femmes avaient pu regagner leur domicile.

«Nous avons engagé tous les moyens que nous avions à disposition pour le retrouver», explique Georges-André Lozouet, chargé de communication de la police neuchâteloise. La tâche des enquêteurs consiste désormais à retracer sa fugue de lundi à mardi, et surtout, à établir la provenance de la hache. «Tous ceux qui coupent du petit bois en possèdent une», raconte un villageois.

Selon le procureur Jean-Paul Ros, cité par arcinfo.ch, «l’individu n’a jamais commis d’actes d’une telle violence». Depuis mardi, il était recherché sur les réseaux sociaux, mais la police n’avait pas émis d’avis de disparition. «C’est la première fois que je suis confronté à un fait aussi dramatique», assure le médecin-chef Stéphane Saillant.

Créé: 25.04.2018, 21h19

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