Dimanche 15 septembre 2019 | Dernière mise à jour 13:59

VIOLENCES Le jeune Rom lynché en France est sorti de l'hôpital

En juin, un jeune Rom avait été laissé pour mort après s'être fait tabasser dans une cité de la région parisienne. Il est sorti de l'hôpital lundi.

Un camp de Roms où vivait le jeune homme tabassé à Pierrefitte en Seine-Saint-Denis, près de Paris.

Un camp de Roms où vivait le jeune homme tabassé à Pierrefitte en Seine-Saint-Denis, près de Paris. Image: AFP

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Le jeune Rom lynché en juin dans une cité de Pierrefitte en Seine-Saint-Denis est sorti de l'hôpital lundi, et se retrouve à la rue faute d'un hébergement suffisamment grand pour lui et sa famille, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Gheorghe, qui avait dans un premier temps été désigné sous le nom de Darius, est peu à peu sorti du coma, et les médecins ont considéré lundi qu'il pouvait désormais être suivi en hôpital de jour, à raison de trois séances de rééducation par semaine, a précisé Me Julie Launois-Flacelière.

Graves séquelles

Il souffre de calcifications aux genoux, de séquelles neurologiques, et de troubles cognitifs qui selon l'avocate n'ont pas encore pu être évalués précisément.

Malgré les démarches des services sociaux de l'hôpital parisien où il est pris en charge, Gheorghe et sa famille n'ont pas pu trouver d'hébergement, et le jeune homme se retrouve à nouveau à la rue, a-t-elle poursuivi.

Situation «suivie de près»

«Il y a eu des demandes formulées», mais Darius n'est pas en mesure de vivre seul et doit donc être hébergé dans un logement capable d'accueillir la quinzaine de membres de sa famille, et non dans un hôtel ou un centre d'hébergement d'urgence, souligne Me Launois-Flacelière.

De son côté, une source proche du ministère du Logement a indiqué que la situation du jeune Rom était «suivie de près», notamment par la préfecture de Seine-Saint-Denis, mais qu'elle était «bien plus complexe que prévu».

Impossible de loger 25 personnes

Le suivi de la famille a été confié à Médecins du monde, mais «les parents ne souhaitant pas se séparer de leur groupe», il faut au total «loger 25 personnes» ensemble ou dans des lieux très proches ce qui est quasiment impossible en l'état des choses, a-t-elle affirmé.

D'autre part, l'ambassade de Roumanie cherche une solution pour le financement des soins de Gheorghe, sa couverture maladie roumaine s'arrêtant automatiquement le jour de ses 18 ans, a expliqué l'avocate. D'ici là, l'hôpital a décidé de continuer de prodiguer des soins.

Dans un chariot de supermarché

Le jeune homme a été retrouvé le 13 juin en fin de soirée, inconscient, dans un chariot de supermarché abandonné près d'un quartier défavorisé de Pierrefitte-sur-Seine, au nord de Paris. Des photos d'une extrême violence, publiées par The Telegraph avaient fait le tour du monde.

L'adolescent, qui vivait depuis peu avec sa famille et d'autres Roms dans une maison désaffectée, y avait été enlevé par un groupe de jeunes qui le suspectaient d'avoir cambriolé un appartement.

«Acte de barbarie»

Cet «acte de barbarie», vivement condamné par les autorités politiques et des associations, avait pour mobile «la vengeance privée», avait indiqué le parquet, le jeune homme étant soupçonné d'avoir cambriolé un appartement.

Début juillet, une enquête judiciaire pour «tentative d'homicide» et «enlèvement et séquestration» avait été ouverte, mais aucune interpellation n'a pour l'instant été effectuée et rendue publique.

(afp/nxp)

Créé: 19.08.2014, 21h46

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