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Justice Laurent Ségalat, un émotif complexé qui a gagné en assurance

L’audition de deux experts psychiatre qui ont examiné le généticien français permet d’y voir plus clair sur la personnalité de l’accusé.

Image: Keystone

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Deux experts psychiatres ont été entendus à Renens (VD) lors de ce cinquième jour du procès de Laurent Ségalat: Martin Weyeneth, de l’hôpital psychiatrique de Prangins, qui a effectué la première expertise pour le compte de la justice vaudoise, et Daniel Zagury, célèbre expert parisien, médecin-chef au Centre psychiatrique du Bois-de-Bondy.

Les deux spécialistes sont catégoriques: rien dans la personnalité de Laurent Ségalat ne permet d’expliquer «un passage à l’acte violent». Le Français de 48 ans ne présenterait aucune maladie psychiatrique ni aucun trouble de la personnalité. Laurent Ségalat est décrit comme un homme très émotif, qui vit «en résonance affective avec les autres». Un individu fragile -complexé par son statut de «gosse de vieux» selon les termes du Dr Zagury -, devenu très sensible et angoissé suite à sa séparation de sa mère biologique dépressive. Laurent Ségalat aurait au fil du temps gagné en assurance, en se réfugiant dans le travail.

«S’il avait tué Catherine Ségalat, il l’aurait fait en rupture avec sa personnalité habituelle», analyse lle Dr Zagury. «Ce serait le premier matricide qui ressemblerait au profil de Laurent Ségalat.» «L’histoire criminelle connaît des individus chez qui tout semblait parfait, à qui on confierait nos enfants», relève Jacques Barillon, avocat de la partie plaignante. «L’énigme Ségalat n’est pas que l'accusé soit normal, répond le psychiatre. Mais que se serait-il passé de singulier dans la relation entre Catherine Ségalat et lui qui aurait pu faire qu’un homme aussi dépourvu d’antécédent se transforme en bête sauvage ?» A ses yeux, pour qu’un individu normal commette un crime, il faut des circonstances tout à fait particulières. «Pas une simple querelle», précise le Dr. Zagury.

L'audience reprend demain après-midi avec le réquisitoire du procureur général vaudois Eric Cottier et la plaidoirie de Jacques Barillon. Les avocats de la défense plaideront quant à eux vendredi matin.

Créé: 30.05.2012, 11h37


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