Lundi 11 novembre 2019 | Dernière mise à jour 23:01

Tribunal pénal fédéral Les deux frères nient avoir vendu de la coke en Suisse

Deux frères nigérians sont jugés depuis ce lundi à Bellinzone pour un vaste trafic de cocaïne qui a arrosé la région lémanique entre autres.

Tribunal pénal fédéral.

Tribunal pénal fédéral. Image: archive/photo d'illustration/Keystone

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Deux ressortissants nigérians comparaissent depuis lundi matin devant le Tribunal pénal fédéral (TPF). Accusés de grave infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants, ils ont fortement minimisé leur rôle durant la première journée de leur interrogatoire.

Arrêtés en 2015, ces deux frères âgés de 36 et 46 ans doivent répondre d'un trafic total d'environ 120 kilos de cocaïne exportée des Pays-Bas vers la Suisse. La totalité de la drogue aurait été écoulée à Lausanne, Vevey, Bâle et Berne.

Selon l'acte d'accusation, le frère aîné aurait organisé à 28 reprises, en collaboration avec des compatriotes en Suisse, à Amsterdam et au Nigeria, l'importation et la mise en vente de plus de 69 kilos de cocaïne d'un taux de pureté très élevé. Les faits qui lui sont reprochés auraient eu lieu de novembre 2014 au 27 juillet 2017 lorsqu'il avait été arrêté à Amsterdam.

Son cadet est accusé d'avoir mis sur pied à 17 reprises, soit du 15 novembre 2014 au 21 mai 2015, l'importation et la mise en vente en Suisse de près de 50 kilos de cocaïne. La première journée d'audience a été consacrée à l'interrogatoire des deux frères. L'aîné des prévenus a précisé avoir une compagne et un enfant de quatre ans et demi qui l'attendent au Nigeria. Il a expliqué avoir uniquement fréquenté l'école primaire et n'avoir aucune formation professionnelle.

Avant d'être impliqué dans le trafic de cocaïne - au sein duquel il a fortement minimisé son rôle -, l'homme a raconté qu'il vendait des voitures d'occasion des Pays-Bas vers le Nigeria.

Des dettes empoisonnées

Le quadragénaire qui purge actuellement sa peine en exécution anticipée aux Etablissements de la Plaine de l'Orbe aurait commencé à importer de la cocaïne après s'être endetté au Nigeria. «J'avais ingéré accidentellement du poison, les médicaments pour me soigner m'ont coûté cher et j'ai dû emprunter», a-t-il expliqué.

Le Nigérian a dit «regretter énormément ce que j'ai fait, mais mes infractions à la loi ont commencé le 28 mars 2015 et non en novembre 2014. Je n'ai jamais organisé personnellement la vente de cocaïne en Suisse et ni vendu de la cocaïne en Suisse, j'ai uniquement géré le transport pendant un mois», a-t-il dit.

Le prévenu a aussi nié avoir été impliqué dans ce trafic international avec son frère cadet et il a catégoriquement refusé de livrer les noms des courriers qui livraient la drogue en Suisse. «Je risque trop, Monsieur le Président», a-t-il dit au juge. Il a enfin nié s'être enrichi grâce à ce trafic et a affirmé avoir encore des dettes au Nigeria.

Demande d'asile en Suisse

Son frère cadet est marié et père d'une fillette de quatre ans. Après le lycée, il a entamé des études universitaires en psychologie qu'il a cependant abandonnées avant d'aller tenter sa chance à Paris où il a travaillé dans une chaîne de restauration rapide.

Après une parenthèse en Suisse, où il avait déposé une demande d'asile qui avait été rejetée, le prévenu s'est rendu au Danemark. Il y a travaillé comme ramasseur de bouteilles et cireur de chaussures, avant d'être impliqué dans le même trafic international de cocaïne que son frère aîné.

L'homme, actuellement détenu à Regensdorf (ZH), a lui aussi minimisé son rôle dans l'importation de la cocaïne. Comme son aîné, il a affirmé n'avoir jamais su combien de kilos au total avaient été écoulés, ni n'avoir connu le degré de pureté de la drogue.

Il a reconnu 16 des 17 épisodes qui lui sont reprochés, mais assure n'avoir tiré aucun gros profit matériel de sa participation à ce trafic. Selon lui, son rôle consistait uniquement à s'assurer par téléphone que les transporteurs de la drogue étaient bien arrivés sur place. Il a aussi catégoriquement rejeté l'accusation d'avoir personnellement vendu de la cocaïne en Suisse. (ats/nxp)

Créé: 06.05.2019, 16h38

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