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Justice Les gardiens de prison sont acquittés

Le Tribunal de Lausanne a décidé de ne pas condamner les cinq agents de détention qui avaient rudoyé un banquier zurichois lors d’une fouille musclée. Le plaignant fera recours.

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La juge de police du tribunal lausannois de Montbenon a acquitté les cinq gardiens de prison vaudois prévenus d’abus d’autorité, d’agression et de lésions corporelles simples pour des faits remontant à 2009, dans l’enceinte de la prison du Bois-Mermet. Un matin de septembre, les agents de détention avaient procédé à une fouille musclée d’un détenu zurichois de 48 ans qui refusait de leur tendre un petit tube de pommade contre l’eczéma prescrit par le service de médecine pénitentiaire, avant un entretien avec la directrice de l’établissement.

Le quadragénaire, alors soupçonné de blanchiment d’argent par le biais de sa fiduciaire, avait été violemment plaqué contre une table d’une cellule de 8 m2, puis contre le mur -le détenu s’en étant pris à gardien-, avant de recevoir un coup de pied dans les parties génitales alors qu’il était au sol. Bilan: des lésions cutanées, tuméfactions et ecchymoses avaient été constatées sur le corps du Zurichois.

Les agents de détention avaient justifié leur action par la crainte qu’une lame de rasoir eût été apposée sur le tube de pommade par le détenu. Une ligne de défense partagée par le procureur général vaudois Eric Cottier, qui avait requis l’acquittement des gardiens, après avoir classé l’affaire à deux reprises, jusqu’à ce que le Tribunal fédéral ne le contraigne à renvoyer les gardiens devant un juge (malgré l’absence d’enregistrement vidéo, hors service pendant vingt minutes ce matin-là à cause d’une panne d’électricité survenue au moment exact de l’altercation).

L’avocat du Zurichois, Me Cédric Aguet, avait quant à lui plaidé qu’il n’existerait pas de base légale permettant aux agents de détention de faire usage de la force, hormis en cas de légitime défense ou lorsqu’il y a état de nécessité. Ce qu’a contesté la présidente du tribunal lausannois, Mélanie Chollet: «il ne fait pas de doute qu’il entre dans les attributions légales des agents de détention de procéder à un contrôle par la force. On ne voit pas comment l'on pourrait procéder efficacement à une fouille sans pouvoir agir au besoin par la contrainte. Les agents se sont ainsi comportés de manière licite et proportionnée, en s’en tenant au strict nécessaire.» Même pour récupérer un tube de pommade: «tout objet aussi anodin et de petit taille qu’il soit pouvant potentiellement être transformé en objet dangereux.»

Le plaignant et son conseil ont d’ores et déjà confié au «Matin» leur intention de recourir contre cette décision d’acquittement.

Créé: 13.03.2015, 12h18

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