Jeudi 26 avril 2018 | Dernière mise à jour 17:00

Abus Luc, pédophile manipulateur

L’ex-directeur d’internat du Collège Beau Soleil était jugé hier à Vevey pour s’être pris à des élèves. Portrait.

L'ex directeur d'internat, ici rayonnant, est désormais «une loque», explique son avocat.

L'ex directeur d'internat, ici rayonnant, est désormais «une loque», explique son avocat. Image: dr

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«Mon client est une loque. Ne tirez pas sur une ambulance!» Et Me Burnet, défenseur de Mister Luc*, d’exhiber devant le Tribunal de l’Est vaudois deux photos. Sur la première, le Canadien rayonne. Le cliché date de l’époque où il dirigeait l’internat du Collège Beau Soleil de Villars (VD). Sur le second, le même homme aujourd’hui à 57 ans: bouffi, hirsute, le regard vitreux.

Entre-temps, deux anciens élèves ont porté plainte contre lui pour abus sexuels («Le Matin» d’hier). Flash-back. Rentrée 2000. Le CV, les lettres de recommandation convenues et le leadership de Mister Luc font impression sur le directeur du collège. Le fringant quadra décroche le poste de directeur d’internat. Pour lui, c’est un sacerdoce. «Il y travaillait non-stop même pendant ses congés et il était toujours là pour les élèves», a martelé une ex-collègue.

À l’époque, Mister Luc était en couple avec cette Espagnole. «Mais il ressort du dossier que le Canadien n’était guère porté sur la bagatelle avec elle», rappelle Me Véronique Fontana, avocate des plaignants. Luc lui préférait en effet Johnny Cash, le sport à la télé, l’alcool et surtout ses 180 élèves. Tous ainsi que de nombreux professeurs craignent ce meneur d’hommes charismatique et fort en gueule.

Lequel a le pouvoir de leur accorder une permission de week-end ou non. «Quand on faisait quelque chose de bien, Luc nous félicitait et on en était fiers. Mais quand on merdait, il pouvait être violent», explique David. À son arrivée à «BS», Luc lui avait appris que «les pyjamas, c’était pour les fiottes». David avait troqué illico les siens pour un boxer. Luc est une «figure paternelle» pour ces garçons.

Son appartement est au milieu de l’internat. Le jour, il applique aveuglément le règlement intérieur censé donner un cadre à ces jeunes de 11 à 19 ans. Le soir, il le bafoue en conviant ses chouchous devant sa télé, leur proposant alcool et cigarettes. «Il profitait de nos failles pour se rapprocher de nous, analyse Miguel*, le second plaignant. Luc est malade. C’était comme s’il était amoureux de nous.»

2 ans de prison requis

Un soir, Mister Luc avait ordonné aux plaignants de rester dormir chez lui. «Il voulait surveiller qu’on ne s’étouffe pas en vomissant, son prétexte habituel», se souvient David. Une fois David et Miguel endormis, il s’était couché avec eux avant de commettre des attouchements. Une autre fois, il avait exhibé son pénis à David. Une nuit encore, il était venu dans sa chambre soulever son caleçon et observer son sexe à la lueur d’une lampe de poche. À plusieurs reprises enfin, il avait douché des élèves ivres soi-disant pour les réveiller. Luc comparaissait pour «actes sexuels avec des enfants incapables de discernement et de résistance». La procureure a requis 2 ans de prison à son encontre. Me Burnet a plaidé l’acquittement. Verdict aujourd’hui. (Le Matin)

Créé: 24.05.2017, 06h43


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