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Drame Marina, tuée par ses parents, niait avoir été violentée

Dans une vidéo tournée par des gendarmes il y a 4 ans et projeté hier dans la salle du tribunal de la Sarthe (F), la fillette dit être souvent tombée pour expliquer ses nombreuses cicatrices et refuse d’incriminer ses parents qui la torturaient depuis des années.

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Une vidéo projetée jeudi pendant le procès des parents de Marina, leur fillette de huit ans qu’ils ont assassinée après l’avoir torturée pendant des années, a permis de mieux comprendre pourquoi les enquêteurs n’ont pas pu intervenir avant le décès de la petite. Le film de 44 minutes, qui a bouleversé la salle d’audience, montre en effet que Marina a protégé sa famille en niant les maltraitances. Le document a été réalisé par les gendarmes du Mans, la ville où les parents indignes sont jugés depuis lundi. Il a été tourné après des signalements de traces de coups par la directrice de l’école de Saint-Denis d’Orques où la fillette était scolarisée en 2008.

A l’écran on voit Marina, 105 centimètres de haut pour seulement 18 kilos, mais souriante. Elle parle avec une femme et un homme en uniformes de gendarme. Elle leur explique que tout se passe bien à la maison, que ses cicatrices sont dues à des accidents. «Il y a des gens qui te font du mal?» demande la femme gendarme. «Non, c'est que mes frères qui me tapent. Et puis, des fois, c'est parce que je tombe dehors. Même dans la cour de l'école.» «Je trouve que tu tombes bien souvent…», relève l'enquêtrice. «Oui, beaucoup. Et puis je me cogne dans les murs», répond Marina. «Est-ce que tu reçois des fessées?» «Non», répond l'enfant en rigolant.

«Si tu avais un grand secret, tu le dirais?» poursuit l’enquêtrice. «Non», réplique immédiatement la petite. «Même si c'est un secret qui fait mal?» «Oui» répond Marina. «D'où viennent ces cicatrices sur le ventre et le dos?» poursuit la femme gendarme. «Je vous l'ai dit, je suis tombée dans les escaliers», répond la gamine avec un aplomb déconcertant.

Marina semble avoir réponse à tout, mais vers la fin de l’interrogatoire quand l’enquêtrice redemande s’il n’y a vraiment personne qui lui fait du mal, elle répond presque involontairement: «Sauf mon papa et ma maman». Mais l’enfante se rétracter immédiatement.

Voyant la vidéo depuis le box des accusés, sa mère, 33 ans, sanglote. Voûté, les deux mains sous le menton, le père, 40 ans, a les yeux rivés sur l'image. Fin du film. Les journalistes du Monde et d’Ouest-France, qui ont assisté à la projection, affirment que le témoignage de la fillette correspond de manière surprenante à ceux des parents, qui avaient aussi été auditionnés ce 23 juillet 2008 par les gendarmes. "Une petite fille intelligente qui protège ses parents", résume pour sa part le président de la Cour d’assises de la Sarthe, Denis Roucou.

Créé: 15.06.2012, 12h33

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