Vendredi 15 novembre 2019 | Dernière mise à jour 01:24

Nancy (F) Il martyrise sans cesse sa femme depuis 61 ans

La justice avait sommé cet homme de 92 ans de laisser son épouse tranquille. Il a continué. Il a pris six mois avec sursis.

L'accusé a contesté les faits au tribunal en frappant le sol avec sa canne.

L'accusé a contesté les faits au tribunal en frappant le sol avec sa canne. Image: iStock

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À lire le compte-rendu de cette audience dans «L'Est Républicain», on se dit que l'ambiance qui devait régner chez ce couple de personnes âgées ressemblait à celle du film «Le chat», avec Jean Gabin et Simone Signoret. La violence en plus.

André, âgé de 92 ans, a comparu le 9 octobre devant le tribunal de Nancy (F), un an après un premier procès lors duquel la justice lui avait donné une chance. Jugé alors pour violences conjugales habituelles, il avait eu droit à un ajournement de peine et un suivi psychologique. Il avait un an pour démontrer qu'il s'était calmé.

C'est raté!Le vieillard n'a vu aucun psychologue durant toute cette période et harcèle toujours son épouse de 88 ans. Face à un président qui lui fait la liste des violences physiques qu'il fait subir à sa femme, l'irascible personnage répond: «Oui, là, je l’ai prise par les poignets. Là, par les épaules. Mais il y a des personnes qui marquent beaucoup, aussi». Le crachat sur elle, en disant qu'elle le dégoûte? «Il n'y avait pas de salive.» Le mari ombrageux explique que tout ceci n'est que chamailleries. Et, durant l'audience, il conteste les faits, frappant le sol avec sa canne, en disant «Non, ça ce n'est pas vrai!»

Il lui reproche sa cuisine

Mais pour l'avocate de la victime, ces violences conjugales durent depuis 1958, alors que le couple s'est marié en 1956. Cela a débuté alors que la femme étaient enceinte de 8 mois de leur fils et les choses ont empiré au fil des ans. Le journaliste de «L'Est Républicain» raconte que, à l'audience de 2018, le vieillard avait expliqué avoir trouvé des méthodes pour éviter les conflits: «C’est bien simple maintenant: je ne discute plus, je sors de la pièce.»

Il avait également de nombreux griefs à l'égard de la cuisine de sa femme: «Des fois, il n’y avait rien à manger. Une boîte de sardines, ce n’est pas sérieux, ça. Ou alors c’était trop cuit. » Du coup, il a appris à cuisiner. «Comme ça, je n’ai pas de merci à donner à quelqu’un. Et maintenant, je sais faire les tomates farcies».

Mais tout cela ne l'a pas empêché de continuer à dénigrer et martyriser son épouse. Le procureur avait alors en octobre requis six mois avec sursis. C'est la peine qui lui a été infligée mercredi 6 novembre. Son épouse, elle, aura-t-elle droit aussi à un sursis?

Michel Pralong

Créé: 07.11.2019, 13h55

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