Lundi 25 juin 2018 | Dernière mise à jour 16:53

Argovie Meurtrier de Rupperswil: «Les tuer ou m'en aller»

Le procès de l’homme qui a égorgé une famille à Rupperswil (AG) permet de sonder son esprit glaçant. Son crime était prémédité et il comptait récidiver.

Le prévenu est décrit par les experts comme ayant un trouble narcissique de la personnalité, avec des tendances sexuelles sadiques. Image: Sibylle Heusser/Keystone

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Deux ans après le quadruple meurtre de Rupperswil (AG), Thomas N. affronte depuis hier la justice, à Schafisheim (AG). Le 21 décembre 2015, il est entré dans une villa où il a égorgé une femme, ses deux fils de 13 et de 19 ans et la petite copine de l’aîné, après avoir abusé du cadet.

À quoi tenait la vie d’une adulte et de trois adolescents? «Deux issues s’offraient à moi: les tuer ou m’en aller», a résumé l’accusé de 34 ans. «Je serais resté des heures pour ne pas devoir décider.» Son choix, il le juge «totalement incompréhensible». L’arme du crime? Thomas N. a opté pour un couteau avec une lame de 30 cm, jugée «la plus simple, la plus rapide et la moins douloureuse».

Comment s’est-il senti après avoir laissé un incendie derrière lui? «Vide.» Après le massacre, Thomas N. dit avoir tenté de vivre normalement, sans attirer l’attention, en essayant de se convaincre sans toujours y parvenir que rien ne s’était passé. Son arrestation dans un restaurant d’Aarau, il l’a vécue comme un soulagement. Interrogé sur son motif, Thomas N. prétend que l’appât du gain l’a guidé. L’acte d’accusation indique qu’il s’imaginait dérober 30'000 francs «pour avoir de quoi vivre jusqu’à l’été 2016». Ce n’est que dans un deuxième temps que l’appétit sexuel serait apparu. Thomas N. se dit déçu d’avoir appris par son thérapeute que sa pédophilie état incurable: «Mon but a toujours été de ne plus éprouver de tels sentiments», affirme-t-il. Son souhait paraît surréaliste: «Je veux me réinsérer dans la société.» Une corde, de l’allume-feu, du combustible, des gants, du scotch, un sex-toy et un pistolet trouvés dans son sac à dos présageaient-ils d’une récidive? «Le sac préparé était là, mais il ne s’est rien passé», commente l’accusé, dont on sait qu’il notait les déplacements de deux garçons.

Rappel des faits

À l’époque du drame, Thomas N. est entraîneur de football, vit à Rupperswil chez sa mère qui le croit doctorant. Les enquêteurs trouveront dans son ordinateur des vidéos sexuelles de jeunes garçons, téléchargées entre 2011 et 2015. Cet été-là, il se sent attiré par D. S., 13 ans. Cette rencontre matérialise ses intentions: il achète un couteau, des liens, du scotch, mais aussi six bouteilles d’un liquide inflammable et plusieurs sex-toys. Internet lui fournit des indications sur la famille de sa proie. Son sac sur le dos, il tente une dizaine d’approches, jusqu’au jour fatidique.

Au petit matin, il parvient se faire passer pour un psychologue scolaire. Son stratagème: faire croire à la mère que son fils cadet a mené un camarade au suicide en le harcelant. Tandis que la maman lui propose un café et réveille son fils à l’étage, Thomas N. sort son couteau, prend le fils en otage, ordonne à la mère de ligoter l’aîné et son amie avant de l’envoyer à la banque vider son compte, qui contient 10'000 francs. À son retour, il ligote la maman et abuse du cadet en se filmant. Il tranche la gorge de chacune de ses victimes et brûle les cadavres. Le soir, on le voit jouer au casino avec l’argent dérobé…

Le procès est prévu jusqu’à vendredi. (Le Matin)

Créé: 14.03.2018, 07h12


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