Mercredi 19 décembre 2018 | Dernière mise à jour 06:30

Justice Le plan pour libérer Dominique Warluzel

Me Pascal Maurer se retrouve l’unique défenseur de son confrère. Il est en train de monter le dossier de demande de mise en liberté. Argumentaire en primeur.

Depuis lundi, Me Pascal Maurer (à dr.) est seul capitaine de la défense. Me Bonnant a dû quitter le navire à son corps défendant, certainement très provisoirement.

Depuis lundi, Me Pascal Maurer (à dr.) est seul capitaine de la défense. Me Bonnant a dû quitter le navire à son corps défendant, certainement très provisoirement. Image: SALVATORE DI NOLFI/KEYSTONE

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Hier à 16 h 30, l’avocat genevois Pascal Maurer était encore aux HUG. Dans les sous-sols du quartier cellulaire de l’hôpital pour y voir Dominique Warluzel. Il est désormais son seul visiteur, unique rescapé de sa défense. Exit élégant, et sans doute provisoire, pour conflit d’intérêts de Me Marc Bonnant, confrère, ex-associé et ami proche de Warluzel. L’étude abritait, à son insu et dans un coffre, l’arme utilisée par le prévenu le samedi 2 janvier dans la suite médicalisée de l’hôtel genevois La Réserve.

Exit forcé de son associé, Me Nicholas Antenen, qui a admis avoir fait remettre par un tiers son Smith & Wesson au Genevois qui le réclamait. Cet acte inconscient, alors que Dominique Warluzel, foudroyé par un double AVC en 2013, fortement diminué, assisté en permanence, parle suicide régulièrement, vaudra à l’homme de loi une convocation du ministère public.

Depuis sa mise en détention provisoire pour tentative de meurtre et mise en danger de la vie d’autrui, le malade n’a pu sortir qu’une fois de sa grise prison. Mardi dernier à la faveur de la confrontation, emmenée par le procureur Walther Cimino, avec la quadra franco-marocaine avec laquelle il entretenait une relation ambiguë.

«Sors-moi d’ici, sors-moi d’ici»

«Cette détention est choquante.» Le bâtonnier Maurer fulmine de voir son réputé confrère, devenu son client déchu, toujours détenu: «Comment peut-on le laisser aux HUG? C’est pire que Champ-Dollon. Aucun droit de visite pour les proches, pas de promenades, pas de téléphones, pas de cigarettes. Et plus de rééducation! Il régresse, c’est catastrophique. Il s’enfonce. Il vit tout cela très mal. Pour l’instant, il ne veut voir aucun document de procédure. Il me dit constamment: «Sors-moi d’ici, sors-moi d’ici. Je vais me foutre en l’air.»

Sa libération, Dominique Warluzel ne l’obtiendra que si son avocat peut lever les trois facteurs requis. Respectivement le risque de collusion, de fuite et de récidive. Burlesque pour Me Maurer, outré que le Genevois, très atteint dans sa santé, n’ait pas été relâché juste après la confrontation.

Propositions de substitution

La collusion, il la balaie d’une seule main. «Les parties sont en accord sur les circonstances: il n’a pas visé l’aide-soignante, il a voulu lui faire peur. Me Warluzel paiera ce qu’il lui doit. Et la précédente garde-malade de jour, partie juste avant le coup de feu, a déjà été entendue par la police.»

La fuite, Me Maurer est sans voix tout en gardant les mots, incisif: «Il est incapable de se déplacer sans l’assistance d’au moins deux personnes. Il a déposé ses passeports suisse et français. Et vu la médiatisation de l’affaire, il ne va nulle part.»

La récidive, enfin. «Toutes ses armes ont été transmises à la justice. Donc?» Autrement dit, selon Pascal Maurer, rien ne tient. Rien ne devrait plus s’opposer à une libération.

Pascal Maurer va néanmoins proposer des solutions de substitution: «Une clinique adaptée d’où Dominique Warluzel ne pourrait pas sortir et/ou un bracelet électronique. Malheureusement, je pense que le procureur va refuser tant qu’il n’aura pas reçu le rapport d’expertise qui définira notamment sa périculosité et son degré de responsabilité. Ça peut durer des mois. Si c’est le cas, je me tournerai vers le Tribunal des mesures de contrainte. Je ne voudrais pas que mon client meure aux HUG.»

(Le Matin)

Créé: 21.01.2016, 12h17

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