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Etats-Unis «Il pleure, son fusil dans les mains et demande pardon»

Après enquête, la police estime que la mère vaudoise est aussi responsable que son mari du meurtre de ses deux enfants.

Armes sur le Web

2 fusils auraient été utilisés par le père de famille, selon la police. Un pour abattre les membres de sa famille, un autre pour se donner la mort. Il les aurait achetés en septembre dernier après
des recherches sur le Web.

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La famille a mangé une fondue. Puis a joué au Uno. La mère et ses deux enfants ont ensuite ingéré un chocolat chaud, bourré de somnifères. Ils sont allés se coucher et se sont endormis. Le père de famille les a alors abattus, tous, l’un après l’autre, au fusil. Avant de se donner la mort. Les meurtres et suicides au sein d’une famille américano-suisse avaient eu un retentissement mondial en novembre dernier. Le rapport d’enquête rendu public en fin de semaine dernière permet de mieux comprendre le drame.

Premier enseignement: si Timothy G., 45 ans, a bien appuyé sur la gâchette, sa femme Jessica est coresponsable, souligne l’enquête. Ils ont tous deux «planifié» les événements tragiques. On apprend aussi que toute la famille a peut-être été tuée car la maman croyait avoir un cancer. Or ce n’était pas le cas…

L’Américain a longtemps vécu en Suisse romande. Il s’est marié à une Suissesse. Une séparation houleuse plus tard, il s’est remarié avec Jessica, 43 ans à son décès. Ils ont habité dans le canton de Vaud, puis de Neuchâtel, avant de partir s’établir dans la petite ville de Mapleton, dans l’Utah, en juillet dernier. Avec leur fils. Et la fille de Jessica, née d’une précédente union.

Tués à travers leurs oreillers

En novembre, des voisins ont indiqué à la police que la famille n’avait plus été vue depuis quelques jours. Sur place, les agents n’ont pu que constater l’horreur. Le père de famille a été retrouvé sur le sol, dans une chambre à l’étage, un fusil entre les jambes. À côté de lui, sous une couverture, le corps du chien de la famille, tué par balle. Sur le lit, Jessica était allongée aux côtés de son fils Alexandre, 5 ans. Chacun avec un oreiller sur la tête. Les «coups de feu ont été tirés à travers», indique la police. Elle a été abattue d’une balle. L’enfant de quatre. Samantha, 16 ans, a été tuée de la même manière, avec deux balles, dans sa chambre du sous-sol.

«S’aimer pour l’éternité»

L’enquête a pu démontrer que tout était prémédité. Dès juillet 2017, Timothy G. a effectué des recherches sur le Web pour se procurer une arme à feu. Il s’est aussi intéressé à «tirer sur des gens». Son épouse a, elle, cherché des réponses autour d’un «homme qui tue sa famille». Dans leurs échanges, en français, il est question de trouver «le bon moment pour partir», pour être ensemble et «s’aimer pour l’éternité».

Un cancer imaginaire

Mais quelle raison peut bien pousser un couple à tuer ses enfants? Jessica G. aurait connu des épisodes dépressifs. Son mari aurait eu des problèmes d’alcool, de violence, des troubles psychologiques. Ils avaient des difficultés financières. Mais l’enquête pointe surtout un élément troublant. La Suissesse se croyait manifestement atteinte d’un cancer de l’ovaire.

Ses recherches en ligne montrent qu’elle s’est beaucoup informée sur la maladie. Mais qu’elle refusait de consulter un médecin. «Ma tête et mon estomac me font vraiment mal maintenant. Nous ne serons jamais séparés et nous nous aimerons pour l’éternité», écrit-elle à son mari le 25 octobre.

Est-ce cette certitude d’une mort prochaine qui a entraîné la tragédie? Si c’est le cas, l’ironie est atroce: l’autopsie a révélé que Jessica G. était en bonne santé et ne souffrait d’aucun cancer!

Un bien étrange rêve

Le rapport de 55 pages n’épargne pas cette mère de famille qui, peu avant le jour du drame, a tenté d’effacer les traces de sa culpabilité et de charger son mari. «Elle a tenté de cacher son implication en effaçant des messages et en indiquant par mail à des membres de sa famille qu’elle se sentait en danger ainsi que ses enfants, et que Timothy agissait bizarrement», résume le journal local Deseret News.

La Vaudoise a même décrit à sa mère ce qu’elle a présenté comme un rêve. Mais qui sonne aujourd’hui comme des aveux. «Je me vois au pied de mon lit, tenant la main de mon fils. Et je vois nos corps couverts de sang. Je regarde vers le bas et je vois mon chien, un magnifique berger allemand, mort à côté de moi. Je me retourne, serre la main de mon fils un peu plus fort et je vois mon mari. Il pleure, son fusil dans les mains et demande pardon. Et je comprends qu’il nous a tous tués pour que nous restions avec lui.»

Dans ce huis clos sanglant, des questions resteront sans réponse. Mais pour la police locale, il existe clairement deux victimes et deux coupables. «Je crois que suffisamment de preuves ont été collectées. Si Timothy et Jessica étaient encore en vie, ils seraient poursuivis avec succès pour le crime de meurtre aggravé», a affirmé John Jackson, chef de la police de Mapleton.

Créé: 23.04.2018, 19h27

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