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Fusillade en Valais La police française s'intéresse au tireur de Daillon

La police française souhaite aussi interroger F.B., 33 ans, auteur de la fusillade qui a fait trois morts et deux blessés à Daillon (VS). Ce, alors que la presse britannique fait un lien avec la tuerie de Chevaline, près d'Annecy.

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«La Police française nous a adressé une demande», confirme Jean-Marie Bornet, porte-parole de la Police cantonale valaisanne, contacté vendredi par Le Matin. Elle aussi souhaite interroger l'auteur de la tuerie de Daillon, en Valais «en lien avec des homicides non-élucidés ces deux dernières années en Haute-Savoie», ajoute le porte-parole de la Police valaisanne.

Cette confirmation intervient alors qu'en Grande-Bretagne, le quotidien The Telegraph fait état dans son édition de vendredi de similitudes entre le drame de Daillon et la tuerie de Chevaline qui, le 5 septembre dernier, a fait quatre morts et une fillette blessée à Chevaline, au sud du lac d'Annecy.

Similitudes avec la tuerie de Chevaline

La personnalité de F.B, 33 ans, qui a tué trois personnes et blessé deux autres mercredi soir à Daillon, présenterait des similitudes avec le profil psychologique que les enquêteurs français ont dressé de l'auteur du quadruple meurtre de Chevaline. Après deux mois de recherches vaines, ces derniers ont évoqué l'hypothèse d'«un tueur fou», ayant agi de manière désordonnée.

«L’éventualité du tueur isolé et psychiquement perturbé n’a jamais été écartée», avait confirmé début novembre le procureur d’Annecy Eric Maillaud. Or, première coïncidence, le tueur de Daillon a fait, en 2005, un séjour dans un établissement psychiatrique sur l'intervention de sa famille, du corps médical et de la police.

Autre similitude, la justice française a replacé à fin 2012 l'hypothèse du «tueur fou» en haut de sa liste après avoir identifié l'arme du crime comme étant un ancien Luger P0-6, une arme de poing utilisée dans les années 30 dans l'armée suisse. Or, à Daillon également, le tueur a utilisé un ancien mousqueton de l'armée.

Troisième analogie, l'ingénieur britannique Saad al-Hilli, qui faisait du tourisme dans la région d'Anncy au moment d'être abattu avec son épouse, Iqbal, la mère de celle-ci et Sylvain Mollier, un cycliste français qui semble s'être trouvé là par hasard, ont été abattus de deux balles tirées dans la tête et dans la poitrine. Il ne pouvait donc s'agir que d'un tireur entraîné.

Un passionné exclu de l'armée

Or, au surlendemain de la fusillade de Daillon, des sources convergentes en Valais évoquent la passion de F.B. pour la chose militaire. Le commandant de la Police valaisanne, Robert Steiner, a indiqué jeudi qu'il «n’était plus incorporé à l’armée depuis 2006». Il avait donc, jusque-là, accompli son service militaire.

Le quotidien Le Temps mentionne vendredi qu'il aurait même gradé avant d'échouer à devenir capitaine. Interrogé par Le Matin, le Major Christophe Chollet, porte-parole de la Société des Officiers du Valais Romand (SOVR), fait observer toutefois qu'il n'a jamais été membre de la SOVR.

L'officier valaisan relève en même temps que «le système a bien fonctionné». «L'intéressé a été exclu et n'a pu suivre de carrière militaire» et «ses armes officielles ont été saisies», souligne-t-il. Suite à son internement psychiatrique, F.B. s'était vu en effet confisquer et détruire les nombreuses armes qu'il abritait chez lui.

Un tireur entraîné

L'exclusion de l'armée pourrait avoir été un choc et avoir généré un grand sentiment de frustration chez F.B., comme le suggèrent Le Temps et Le Nouvelliste. Le quotidien valaisan cite à cet égard un ancien camarade selon qui, «depuis l’armée, il n’était plus du tout le même».

Parallèlement, Christophe Chollet se demande où F.B. a pu s'entraîner à tirer, sachant que l'usage d'un vieux mousqueton «requiert un mouvement de charge avant chaque coup». «Pour répéter pareil geste dans une situation de stress, il faut être entraîné», suggère-t-il.

Créé: 04.01.2013, 14h36

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