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Jura Porrentruy: une cigogne squatte une grue!

Juché sur un engin à 30 mètres de haut, l’échassier protégé empêche son démontage et entrave un chantier.

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La cigogne et la grue, c’est la fable qui s’écrit à Porrentruy (JU) depuis qu’un échassier a fait son nid sur un chantier («Le Matin» de mardi). Dans cette histoire dont les épisodes sont relatés dans Le Quotidien Jurassien, la grue n’est pas un oiseau, mais un engin. «Je n’ai plus le droit d’y toucher», regrette l’entrepreneur Johann Perrin.

Goudronnage retardé

«Intervenir dans un nid, c’est interdit par la loi dès sa construction», confirme le biologiste François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse. Alerté le 19 avril par un ornithologue de la Fondation des marais de Damphreux, alors que la cigogne déposait les premières branches, Johann Perrin est monté sur sa grue le lendemain. «Trop tard, le nid était bien avancé», peste l’entrepreneur, qui n’a pas voulu risquer une amende.

Cinq jours plus tard, les tourtereaux s’étaient accouplés. La femelle ayant couvé sur le contrepoids, le grutier a continué son travail. «Les mouvements ne l’ont pas gênée», indique le biologiste Michel Juillard. Mais maintenant que le gros œuvre est achevé dans la construction d’une usine relais, il serait temps pour l’entrepreneur de démonter la grue. «On devrait goudronner, mais c’est impossible», déplore Johann Perrin.

Un autre tracas le préoccupe: «La grue devait être montée le mois prochain sur un autre chantier.» Comme il n’en possède qu’une aussi grande, avec une hauteur de 30 mètres et une flèche de 55 mètres, Johann Perrin devra en louer une autre à 5000 francs par mois.

Une espèce protégée

Combien de temps durera l’immobilisation forcée? «Jusqu’à la mi-juillet si la couvée survit, ce qui n’est pas évident, faute de nourriture: les pâturages sont pauvres en insectes, rongeurs, gastéropodes et batraciens», prévient Michel Juillard.

Un dédommagement est-il envisageable? L’inspecteur jurassien de la faune s’y emploie. «S’il faut contribuer à apaiser les esprits, BirdLife posera mille francs», soupire François Turrian.

Pourquoi favoriser les nids à tout prix? «La cigogne est une espèce protégée en priorité, mais elle est aussi très symbolique», observe le spécialiste. Tandis que la femelle et le mâle se relaient sur les œufs pondus sur la grue, six ou sept couples font pareil dans un massif de pins tout proche.

Selon les observations du photographe animalier Christian Engel, le couple de squatters a d’abord tenté de déloger des congénères bien établis dans le massif de pins. «Il arrive aussi qu’un couple s’installe sur une cheminée, un pylône ou une antenne», remarque Michel Juillard.

De quoi écrire d’autres fables…

Créé: 04.05.2018, 14h27

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