Vendredi 17 août 2018 | Dernière mise à jour 00:56

Justice Prison avec sursis pour avoir masturbé un ami

Un Chaux-de-Fonnier de 30 ans -alors en couple avec une femme- avait abusé d’un copain d’enfance, dix ans plus jeune. Dans son sommeil. L'agresseur réfute tout penchant gay.

Le trentenaire a été condamné pour actes d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement ou de résistance.

Le trentenaire a été condamné pour actes d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Image: Gaetan Bally/Keystone

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Thomas* allait avoir 30 ans, Bryan* en avait 20. Leurs parents sont proches, mais les fils s’étaient perdus de vue. Il y a une année jour pour jour, les deux Chaux-de-Fonniers s’étaient croisés fortuitement dans leur ville. L’aîné, alors en couple avec une femme, offre des verres à son ami d’enfance et l’invite à poursuivre la nuit chez son père, où il vit. Au programme: refaire le monde devant la TV – sous l’influence de l’alcool et du cannabis. Alors que l’aube pointait, Bryan accepte de rester dormir dans la chambre de Thomas, ce qui impliquait de partager son lit. L’invité gardera son pantalon, mais pas son logeur...

Irritation périnéale

À son procès, le trentenaire a reconnu avoir caressé son pote alors que ce dernier dormait. Et surtout de l’avoir masturbé à son insu, tout en tenant son propre sexe avec l’autre main. L’abuseur a tenté de convaincre la Cour qu’il ne s’agissait cependant pas d’un acte gay, lui-même se disant tout aussi hétéro que sa victime. Tout au plus la recherche d’un plaisir différent… «Cette pratique lui a peut-être rappelé certaines sensations d’expériences antérieures, mais son orientation sexuelle est claire», réagit l’avocate de Thomas, Me Valérie Maurer. «Il y a une sorte d’ambiguïté dans son comportement, dont il doute, mais ce doute ne doit pas être reporté sur autrui», estime le conseil de Bryan, Me Isabelle Nativo. «On peut comprendre que quelqu’un se cherche pendant l’adolescence, mais à quasi 30 ans, cela pose un problème…»

Fait troublant: en plus d’une irritation périnéale, de l’ADN du trentenaire avait été mis en évidence dans la même zone. «Il y a 50% de chance que cela vienne d’une sodomie, mais ce n’est pas suffisant pour emporter la conviction du tribunal», a déclaré le président, Alain Rufener. «Ce doute sérieux et insurmontable ne permet pas de retenir cet acte.» Que l’abuseur nie fermement. Sa victime quant à elle avait déclaré ne plus avoir de souvenirs après l’épisode de la masturbation.

En une année, le plaignant n’a plus croisé le chemin de cet ami qui lui voulait du bien. Thomas avait émis le souhait de comparaître en sa présence. «Il n’y a pas donné suite: ne parvenant pas à mettre de mot sur la douleur qu’il ressent», confie Me Nativo. «C’est déjà difficile lorsqu’une femme doit évoquer des abus subis, on peut imaginer que ça l’est encore davantage pour mon client: son ego d’homme en a pris un coup.» À la fin de son audition, le père de Bryan a fait savoir au trentenaire qu’il lui pardonnait.

Pour les trois juges, «une réponse claire» devait être apportée au vu de «l’incapacité de résistance» du lésé. Soit 1 an de prison avec sursis, pour actes d’ordre sexuel sur une personne incapable de résistance. Une peine qui semble convenir à toutes les parties.

* Prénoms d’emprunt (Le Matin)

Créé: 02.06.2018, 10h18

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