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Avocat en prison (VS) Il protégeait son frère accusé d’abus sexuels

Le Valaisan voulait aider son cadet. Ce dernier est aussi incarcéré, soupçonné d’avoir abusé de plusieurs jeunes femmes. L’homme de loi a menacé les victimes et leur entourage.

Georges a usé de son influence d’avocat pour faire pression sur les plaignantes, leurs familles et leur entourage,
dont les témoignages acculent son frère.

Georges a usé de son influence d’avocat pour faire pression sur les plaignantes, leurs familles et leur entourage, dont les témoignages acculent son frère. Image: DR

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Une seule affaire, très émotionnelle. C’est tout ce que l’on savait jusqu’ici. Une affaire où Georges (prénom fictif), jeune avocat de Martigny (VS), n’est ni partie ni même conseil et pour laquelle il a été arrêté vendredi dernier («Le Matin» d’hier). Les infractions, qui sont actuellement retenues à son encontre, sont lourdes et aggravantes compte tenu de sa profession. Le ministère public l’accuse de menaces, de tentative de contrainte, de tentative d’entrave à l’action pénale et d’instigation à faux témoignage. Le Tribunal des mesures de contrainte a ordonné son incarcération en raison de risques de collusion.

Deux viols en tout cas

La collusion, clairement. Parce que l’affaire est très privée et surtout très familiale. Depuis deux mois, D., le frère cadet de Georges, est en détention provisoire. Les charges qui pèsent contre lui sont gravissimes. De sources proches du dossier, il aurait abusé sexuellement de quatre jeunes femmes, âgées de 17 à 20 ans au moment des faits, toutes domiciliées dans le Bas-Valais. Le dernier dérapage de D. remonterait à ce printemps. Sur les quatre, deux d’entre elles auraient subi des viols et se seraient réveillées pendant l’acte. Des produits de type GHB auraient été mélangés à leurs boissons et les auraient droguées. Une troisième aurait été contrainte. La quatrième aurait aussi subi des actes d’ordre sexuel, mais on n’en connaît pas la gravité.

C’est dans ce contexte précis que Georges a décidé d’opérer dès l’incarcération de son frère début octobre. Le trentenaire, très lié à son cadet, a estimé qu’il était de son devoir de le protéger de ces accusations et de laver son honneur. Connu pour son sang et son verbe chauds, également pour ses méthodes de cow-boy dans l’exercice de son métier, l’avocat valaisan aurait tenté d’intimider les plaignantes, leurs parents, leurs familles, leurs petits copains. Bref, tout leur entourage.

Des menaces, des mises sous pression multiples et constantes, qui ont apeuré ses cibles, jusque dans leur boîte aux lettres. Une des jeunes filles aurait reçu deux balles dans une enveloppe. Altercations en pleine rue et dans des lieux publics, courriers, disputes, injures, insultes… Le prévenu a visiblement usé et abusé de son influence d’homme de loi pour tenter de parvenir à ses fins: disculper D.

Détenus par effet domino

Désormais, les deux frères se retrouvent détenus préventivement par effet domino. Le premier est écroué pour abus sexuels. Plâtrier peintre, il est au bénéfice de l’AI depuis un grave accident de la circulation où deux de ses amis ont perdu la vie et dont il a gardé des séquelles. La procureure Gwénaëlle Gattoni, chargée de ce dossier ultrasensible, a ordonné une expertise psychiatrique. Le second, Georges, est fortement soupçonné d’avoir voulu faire taire les accusatrices de D. et leurs proches.

Avocat de Georges, Me Stefan Disch, n’entend pas faire d’autres commentaires à ce stade. Le pénaliste vaudois rappelle que l’instruction est en cours. Pour sa part, Me Olivier Couchepin, conseil de D., confirme l’incarcération de son client et l’existence de plusieurs plaignantes. Il refuse en revanche de s’exprimer sur les faits présumés – qu’il conteste – et sur leurs qualifications.

Créé: 09.12.2017, 11h29

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