Samedi 15 décembre 2018 | Dernière mise à jour 09:14

Baston Les quatre agresseurs du M1 n'iront pas en prison

Les quatre individus, accusés d'avoir tabassé sans raison des jeunes dans le métro écopent tous de peines avec sursis. Le verdict est tombé mercredi en fin de journée.

La baston a débuté dans le métro lausannois et s'est poursuivie alors que les jeunes gens, ciblés gratuitement, tentaient de s'échapper à l'arrêt Bourdonnette, près de l'UNIL.

La baston a débuté dans le métro lausannois et s'est poursuivie alors que les jeunes gens, ciblés gratuitement, tentaient de s'échapper à l'arrêt Bourdonnette, près de l'UNIL. Image: Tranports lausannois

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La sauvage agression qu'ont subie trois jeunes gens, pris à partie gratuitement dans le métro lausannois (voir ci-contre), se termine par un verdict à l'opposé de la violence des coups assénés et dont la vox populi risque bien de s'emparer. Aucun des quatre assaillants n'écopent de prison ferme. Le Tribunal correctionnel de Lausanne entend leur laisser une chance d'insertion, ils sont jeunes, ils travaillent, ils sont aux études ou encore en recherche d'apprentissage. En outre, trois d'entre eux ont admis les faits et se sont excusés. Le président de céans, Alexandre Feser, s'est dit atterré par «leur comportement barbare»: «C'est comme dans les jeux vidéo. On frappe et on élimine juste pour le fun. Vous vouliez vous en prendre à des quidam. Vous vous en êtes pris au bien le plus précieux, gratuitement: l'intégrité physique.»

Grand écart avec le procureur

Ainsi, les prévenus se voient infliger respectivement: 18 mois avec sursis durant 5 ans pour l'employé garagiste, qui comptabilise déjà plusieurs infractions à la LCR (loi sur la circulation routière); 15 mois avec sursis durant 5 ans pour l'étudiant de l'École romande d'arts et communication (Eracom), qui nie en bloc et dont l'attitude en cours d'instruction et aux débats a mis au jour une absence totale de prise de conscience; 20 mois avec sursis durant 5 ans pour le gymnasien de 2e année; enfin, 12 mois avec sursis durant 5 ans pour le futur apprenti logisticien. Tous sont aussi condamnés à 15 jours-amende à 30 francs avec sursis pour les injures (ndlr. «Sale pute» et autres).

Ce jugement tranche radicalement avec les sanctions requises mardi par le procureur Jérémie Müller à l'encontre des prévenus: 24 mois ferme, 15 mois ferme, 20 mois ferme dont 10 avec sursis pendant 5 ans et 12 mois assortis du sursis complet durant 3 ans. La Cour vaudoise retient en revanche l'intégralité des qualifications du Ministère public: agression (ndlr. pour tous), injure (tous), vol (un seul), violation de domicile (deux), dommages à la propriété (deux) et délit contre la loi fédérale sur les armes (un).

Victimes indemnisées

S'agissant des conclusions civiles demandées par l'avocat des parties plaignantes, les agresseurs – sauf celui qui conteste avoir participé à ce passage à tabac – ne s'y étaient pas opposés lors de la tenue du procès mardi. À savoir 8000 francs pour la jeune femme, âgée aujourd'hui de 21 ans; 2000 francs pour son frère cadet (20 ans), de même pour leur copain (20 ans). Les juges ont alloué ces montants revendiqués par les parties civiles à titre de tort moral.

Le samedi 10 septembre 2016 vers 06h00 du matin, les victimes avaient été tabassées – plus particulièrement la jeune fille – alors qu'elles rentraient d'une soirée passée au MAD, à Lausanne. Elles se trouvaient déjà dans le M1, lorsque leurs assaillants, âgés de 18 à 21 ans au moment des faits, ont grimpé dans le métro et ont commencé à les cogner sans aucune raison. La baston s'était poursuivie et amplifiée à l'arrêt Bourdonnette près de l'UNIL, quand le trio avait tenté de fuir ses agresseurs et les multiples coups portés.

Ils restent libres

Trois des quatre coaccusés ont fini par admettre les faits en audience mardi, après avoir tenté de jouer la carte de l'ivresse pour l'un d'eux. Le quatrième a nié s'être joint à ses camarades et affirmé avoir seulement observé la scène sans intervenir. Les quatre individus ont comparu libres. Ils ont passé trois semaines en détention provisoire juste après la dénonciation des faits avant d'être relaxés. S'ils ne commettent aucun nouveau délit durant le délai d'épreuve de 5 ans, ils resteront libres. Et n'exécuteront jamais leur peine. A l'inverse, à la moindre anicroche, leur sursis peut être révoqué.

evelyne.emeri@lematin.ch

(Le Matin)

Créé: 10.10.2018, 18h46

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.