Lundi 25 juin 2018 | Dernière mise à jour 02:38

Justice Rapt de Cortaillod: «On savait que ça ne marcherait pas»

Les quatre jeunes ravisseurs qui avaient espéré une rançon de 3,2 millions de francs après avoir libéré leur otage risquent 18 à 24 mois de prison avec sursis.

Les deux coïnstigateurs du kidnapping raté (à d.), aux côtés de leurs deux hommes de main. Tous âgés entre 20 et 26 ans à l’époque des faits, en novembre 2015.

Les deux coïnstigateurs du kidnapping raté (à d.), aux côtés de leurs deux hommes de main. Tous âgés entre 20 et 26 ans à l’époque des faits, en novembre 2015. Image: Gilles-Emmanuel Fiaux

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«On n’est pas vraiment des criminels, plutôt de gros débutants…» Dépeint par son ex-amie comme un être narcissique à l’ego certain, qui «aime être idolâtré», Benoît* (25 ans) s’est manifestement fait violence, mardi, au procès de l’incroyable rapt survenu une nuit de novembre 2015, dans la paisible bourgade neuchâteloise de Cortaillod.

Le fils d’une juge signe le script

Car ce fils de juge (entre-temps titulaire d’un master en arts visuels décroché à San Francisco, après un passage par l’ECAL de Lausanne) a gardé une certaine estime de lui-même. Devant le Tribunal de Boudry (NE), cet ex-ravisseur n’a pas manqué d’indiquer qu’il avait créé un petit festival de film en Californie, qu’il rédigeait actuellement le script d’un court-métrage en compétition à Cannes, qu’il en présentera un autre sous peu au géant Netflix, qu’un jeu vidéo conçu par ses soins sortira en octobre, et qu’il est candidat pour une «résidence d’artiste» aux États-Unis, où il compte bien retourner d’ici à dix jours.

Un ami d’enfance est venu dire à la barre qu’à l’âge de 14 ans Benoît et lui avaient codéveloppé un jeu de type poker, fabriqué et breveté. Un ancien camarade des bancs de l’université a rappelé pour sa part que le mystérieux scénariste avait monté une compagnie de spectacles destinée aux jeunes. Son petit boulot d’étudiant? Magicien.

L’ex-otage (aujourd’hui âgé de 24 ans) et son père milionnaire demandent 15 000 et 5000 fr. à leurs ravisseurs pour tort moral.

Artiste alors oisif et incompris

Le bluff, la psychologie, et surtout les scénarios de fiction… l’artiste – alors oisif et incompris, en conflit avec ses parents depuis le lycée (lesquels l’avaient découragé de suivre une filière artistique) – avait toutes les cartes en main pour échafauder un plan de kidnapping complètement fou. La cible? Nicolas*, fils de millionnaire alors âgé de 22 ans, lui avait été proposé par un Fribourgeois de 26 ans, déjà condamné pour vols en bande ou mise en circulation de fausse monnaie. Les coïnstigateurs avaient convaincu un apprenti employé de banque (24 ans) et un étudiant en sciences humaines (qui rêve de devenir écrivain, 20 ans) de prendre part au rapt. En leur faisant miroiter une rançon de 3,2 millions de francs.

Braqué au moyen d’armes factices alors qu’il arrivait à son domicile de Cortaillod, Nicolas avait été conduit en voiture dans une forêt, où l’étudiant en économie avait été contraint de lire un texte anxiogène à son père par téléphone. Avant d’être relâché près d’un garage.

Mardi, face à leurs juges, les ravisseurs ont livré la même version: personne n’aurait cru au succès de l’opération, en dépit des menaces de mort proférées à l’encontre de la famille de l’otage. Une thèse balayée par le procureur Fabrice Haag, qui a requis des peines de prison avec sursis oscillant entre 24 et 18 mois. Les avocats du quatuor plaideront sa cause ce mercredi.

*Prénoms d'emprunt (Le Matin)

Créé: 13.06.2018, 13h39

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