Dimanche 18 août 2019 | Dernière mise à jour 18:43

Neuchâtel Rapt de Cortaillod: «Je ne leur ai pas pardonné»

Les quatre jeunes ravisseurs écopent de 24 à 18 mois de prison avec sursis. Fils de millionnaire, l’ex-otage menacé de mort en 2015 se livre au «Matin».

La victime du rapt (aujourd’hui âgée de 24 ans), au tribunal de Boudry (NE). Entourée de son père et de leur avocat,

La victime du rapt (aujourd’hui âgée de 24 ans), au tribunal de Boudry (NE). Entourée de son père et de leur avocat, Image: Gilles-Emmanuel Fiaux/GEF-ART.ch

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Un scénario «boiteux» imaginé et mis en œuvre par des «amateurs obstinés». Un enlèvement et des menaces de mort qualifiés de «méprisables» et «à la limite de la cruauté», ayant abouti à un véritable «simulacre d’exécution». Un rapt contre rançon de 3,2 millions de francs motivé par «la jalousie et l’envie, sous ses aspects les plus laids». À l’heure de la lecture du jugement, les termes sont clairs pour décrire les actes des quatre jeunes ravisseurs de Nicolas*, l’ex-étudiant en économie kidnappé devant son domicile de Cortaillod (NE) une nuit de novembre 2015.

«Un danger imminent»

Pour la présidente du Tribunal criminel de Boudry, Nathalie Kocherhans, l’otage et son père millionnaire ont bien connu «un danger imminent pour leur vie». Et ce jusqu’à l’arrestation du quatuor, alors âgés de 20 à 26 ans, dont deux universitaires (la mère de l’un est juge) et un apprenti employé de banque. Leur interpellation est intervenue six jours après avoir contraint Nicolas – à genoux dans une forêt, armes factices pointées dans sa direction – à lire par téléphone à son géniteur un texte menaçant toute sa famille. Car si l’étudiant avait été relâché à proximité d’un garage, son père était sommé de livrer les millions en liquide la semaine suivante, au cœur des arènes d’Avenches.

La victime n’était pas de mèche

«Les doutes sur l’implication de la victime dans cette affaire sont aussi invraisemblables que les plans échafaudés par les coaccusés», a poursuivi la présidente Kocherhans. Une thèse apparue en cours d’enquête, soutenue avec verve au terme du procès par les quatre avocats de la défense.

«Avoir insinué pendant plus de deux ans et demi que j’aie pu avoir été de mèche avec mes ravisseurs, pour voir si mon père m’aimait vraiment… c’est totalement dégueulasse», nous a confié Nicolas. S’il ne cache pas être venu au tribunal en début de semaine «avec une idée de revanche», le Neuchâtelois dit «accepter» les excuses formulées par trois des quatre jeunes venus le trouver à l’issue des débats. Mais pas pardonner. «C’est un bien grand mot, je ne sais pas si je le ferai un jour: on peut très difficilement supprimer en une fraction de seconde ce qu’ils m’ont fait…» L’ex-otage dit regretter que les trois juges aient suivi le procureur Fabrice Haag sur toute la ligne s’agissant des sanctions à infliger au quatuor (reconnu coupable d’enlèvement, séquestration ainsi que d’extorsion et chantage par brigandage): 24 mois de prison avec sursis pour les coinstigateurs, 20 et 18 mois pour les deux autres.

Peines pas assez «éducatives»

«Les incarcérer aurait certes été contre-productif, mais je trouve vraiment très dommage qu’ils n’aient pas pu être condamnés à des travaux d’intérêt général», lâche Nicolas. «Se lever à 5 h du matin pendant un mois pour ramasser des mégots ou se rendre au chevet de personnes accidentées les aurait davantage fait réfléchir.»

* Prénom d’emprunt

Créé: 15.06.2018, 09h38

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