Vendredi 15 novembre 2019 | Dernière mise à jour 00:00

Drame Retrouvé mort après trois semaines dans un supermarché

La justice australienne veut comprendre comment un homme a pu rester bloqué 20 jours dans les escaliers de secours d'un centre commercial.

Bernard Gore avait 71 ans lorsqu'il a été porté disparu.

Bernard Gore avait 71 ans lorsqu'il a été porté disparu.

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Bernard Gore, alors 71 ans, a été porté disparu dans un centre commercial de Sydney le 7 janvier 2017. Son corps sans vie a été retrouvé dans le même centre, le 27 janvier, soit trois semaines plus tard! Ce drame a eu lieu il y a deux ans et la justice australienne veut aujourd’hui comprendre comment l’impensable a pu se produire.

Ce jour-là, vers 13 heures, Bernard Gore est entré dans l’immense centre commercial Westfield Bondi Junction. Il a franchi par erreur une porte menant à des escaliers de secours. Elle s’est refermée derrière lui et ne s’ouvrait que depuis l’intérieur du centre.

Mort de déshydratation

Bernard Gore s’est alors retrouvé piégé dans ce qui est décrit comme un grand dédale constitué en tout de plus de 10 kilomètres d’escaliers et de couloirs. Des issues existent. Mais il ne les a jamais trouvées – le retraité était atteint de ce qui est décrit comme un début de démence sénile.

Trois semaines plus tard, un employé de maintenance est tombé sur le cadavre du malheureux, qui semblait être tombé d’une chaise retrouvée à ses côtés. Les spécialistes pensent que le retraité n’a pas survécu plus de trois jours et est mort de déshydratation.

Série de fatales défaillances

Mais pourquoi a-t-il fallu trois longues semaines avant de trouver sa dépouille? Et surtout, pourquoi n’a-t-il pas été secouru lorsqu’il a disparu et qu’il était en vie? L’enquête est toujours en cours, relate le «Guardian», mais une première audience qui s’est tenue lundi à Sydney a pointé une série de fatales défaillances.

Pour la famille du défunt, le drame est d’autant plus incompréhensible et inacceptable qu’elle avait signalé sa disparition le jour même. Ce 6 janvier, l’épouse et la fille de Bernard Gore, Angela, et Malida, avaient convenu de le retrouver devant le centre commercial, après qu’il s’y soit rendu. Ce qu’elles avaient évidemment expliqué.

Images pas visionnées

Pourtant, a pointé la justice, les services de sécurité et la police n’avaient pas visionné les images de vidéosurveillance de toutes les entrées. Elles avaient raté des images qui montraient pourtant bien Bernard Gore pénétrer dans les commerces. Une tragique erreur car les recherches avaient été dès lors orientées hors du centre commercial.

Les images captées par des caméras à l’intérieur du bâtiment n’ont pas été visionnées non plus. Or le moment fatal où le septuagénaire se trompe de porte a lui aussi été enregistré, comme l’a démontré l’enquête.

Pas de «code gris»

Les médias australiens soulignent que cette légèreté originelle a concrètement empêché que soit enclenché un «code gris», une procédure interne au centre qui prévoit une fouille extensive en cas de disparition d’un enfant ou d’une personne vulnérable – ce qui était le cas de Bernard Gore.

Comble de malchance, le septuagénaire, désorienté, s’était perdu quelque temps auparavant à Hobart, en Tasmanie, d’où il était originaire. Son fils lui avait alors offert une montre avec un GPS pour pouvoir le localiser. Mais elle s’était cassée et il ne la portait donc pas le jour de sa disparition…

L’enquête sur le drame se poursuit, expliquent les médias locaux. La justice veut encore entre autres se pencher sur d’éventuels manquements de la police – qui n’avait apparemment jamais demandé au centre si l’entier de ses installations avait été inspecté. Et dont les recherches ont été qualifiées de «pauvres». Ou sur la signalétique présente ou pas dans le labyrinthe que constituent les issues de secours.

Images du dédale d’escaliers et de couloirs dans lequel Bernard Gore s'est retrouvé piégé.

Renaud Michiels

Créé: 07.11.2019, 07h04

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