Dimanche 22 octobre 2017 | Dernière mise à jour 00:14

Massacre Le tireur d’ânes admet son erreur

Portugais établi à Genève, il a décimé le cheptel d’une jeune entrepreneuse. Sa méprise avec des biches est indéfendable. Empêtré, il engage une avocate.

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Dimanche 17 septembre, à Arith (Savoie), un chasseur de 38 ans abattait quatre des cinq ânes de l’entreprise de randonnées de Sandrine Lassiaille, Arpi’ânes («Le Matin» du 27 septembre). La trentenaire a porté plainte dans l’espoir qu’il ne s’en sorte pas avec une simple amende. Accompagné de son frère, le Genevois d’origine portugaise venait chasser pour son deuxième dimanche consécutif avec l’Association intercommunale de chasse de la région.

«Nous lui avions délivré une carte annuelle de membres dite «étrangers». Comme il réside sur Genève, il ne peut pas être sociétaire de notre association, explicite son président Bernard Morand. Tout a été fait en bonne et due forme. Il a un permis de chasse français (ndlr: obtenu dans l’Ain il y a une dizaine d’années) et une assurance. Il a longtemps chassé dans le Jura. Le 29 septembre, nous l’avons convoqué pour obtenir une explication avant de décider de son exclusion. Il ne s’est pas présenté.» Le préfet de Chambéry (F) a donc été interpellé pour faire acter cette décision.

Pas de témoin

«Plus personne ne parvient à le joindre. Il ne répond à aucun appel venant de France, renchérit Marcel Joly, chef d’équipe du tireur compulsif en ce dimanche noir. Je l’ai posté à environ 170 m du pré où se trouvaient les ânes. On a croisé des génisses. En rigolant, je lui ai dit: «Attention à elles!» Un avertissement sur le ton de la plaisanterie qui a abouti au massacre que l’on sait.

«Il s’était déplacé jusqu’à 50 m des ânes. À 170 m, on ne peut déjà pas confondre ânes et gibier, alors à 50 m… En plus, c’était une journée claire», poursuit le chasseur savoyard, qui nage dans une totale incompréhension. «Il n’y a aucun témoin qui l’a vu faire. Il était seul. Nous avons retrouvé onze douilles dans le champ. Il avait une carabine à rechargement semi-automatique Browning. Si son fusil était réglementaire, il disposait de trois balles par magasin. Nous avons entendu les détonations. Il a dû recharger a minima quatre fois. Et reprendre la visée.»

Ce chasseur, aucune Diana suisse et/ou romande n’en a trace. «Normal», répliquent d’une seule voix les experts helvétiques interpellés, «le permis français est bien moins exigeant qu’en Suisse. Et les contrôles sont moindres, voire inexistants.» Retrouvé par «Le Matin», le tireur a refusé de nous livrer sa version des faits, préférant nous diriger vers l’avocate qu’il a dû engager pour sa défense. Le Genevois est en très mauvaise posture et pourrait se retrouver face à un tribunal pénal. Comment va-t-il faire croire au Parquet de Chambéry – très vite saisi au vu des circonstances – qu’il a confondu à quatre reprises sa cible? Et prouver que son acte n’était pas intentionnel?

«Il est très peiné»

Me Vanessa Vichi, son conseil à Annecy, joue la carte de la prudence. Elle n’a pas encore eu accès au dossier et au PV d’audition de son client, établi par les enquêteurs: «Je l’ai rencontré la semaine dernière. Il est très touché et très peiné par cette situation. Il est bien l’auteur des coups de feu. Il assumera pleinement l’erreur qu’il a commise. Par contre, il conteste avoir fui. Il a attendu que la gendarmerie arrive.» Et pour ce qui est de confondre les bêtes? «Nous n’avons pas encore abordé cette question», réplique la femme de loi.

Pour la propriétaire des animaux massacrés, la justice doit en faire un cas d’école. «Il ne s’agit pas d’un accident de chasse où une seule bête est abattue, mais d’un acte répété de cruauté envers les animaux. Cela relève du Code pénal», répète inlassablement Sandrine Lassiaille. (Le Matin)

Créé: 11.10.2017, 06h52


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