Mercredi 14 novembre 2018 | Dernière mise à jour 12:14

Incongru L’urne funéraire volée à Bienne nourrit les fantasmes

Le mystère plane après le pillage d’une tombe à Bienne. Entre Halloween et la Toussaint, le responsable se perd en conjectures.

Sacha Felber, responsables  des cimetières biennois, se demande qui a volé cette urne et pourquoi?

Sacha Felber, responsables des cimetières biennois, se demande qui a volé cette urne et pourquoi? Image: Le Matin

Profondeur: 60 centimètres

Au cimetière de Madretsch, à Bienne, une tombe peut accueillir deux cercueils et jusqu’à huit urnes.

Celle qui a disparu était enterrée depuis deux ans à une profondeur de 60 centimètres, dans une allée chrétienne.

L’incinération est choisie pour la grande majorité des enterrements. De quoi remplir 1’600 urnes par an, contre 60 cercueils. Une tendance qui concerne aussi les musulmans de la deuxième génération.

Certaines urnes sont placées au colombarium, dans des niches difficiles à piller.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La brume automnale plane sur le cimetière de Madretsch, à Bienne. Sacha Felber s’arrête devant un chêne rougeoyant. «Qui a volé une urne et pourquoi?», s’interroge le responsables des cimetières biennois. Entre Halloween et la Toussaint, ses hypothèses s’entrechoquent.

Le vol a été signalé vendredi dernier à la police bernoise, au lendemain de la fête des morts. Deux jours plus tard, un appel à témoins était diffusé. «Deux hommes s’apprêtant à arracher des plantes ont été vus durant cette période vers la tombe en question», précisait la police. Ces individus sont-ils les auteurs du vol? «Ce n’est pas exclu», répondent les enquêteurs.

Pas de caméras

L’urne a été déterrée entre le 21 octobre et le 2 novembre, entre deux passages de la famille. Occupés à poser des branches de sapin sur les tombes, les neuf jardiniers n’ont rien remarqué: «Le cimetière n’est pas équipé de caméras de surveillance! Et on ne peut pas tout surveiller», plaide Sacha Felber.

Une urne funéraire manquante, «c’est effrayant», selon le responsable des cimetières. Avant la Toussaint, les tombes sont préparées pour l’automne, avec des bougies, des plantes et des branches», précise Sacha Felber, en dénombrant 200 à 300 visiteurs par jour.

Les jardiniers chargés de l’entretien de la moitié des 4000 tombes ont fouillé en vain les alentours des allées 61, 62 et 63. La disparition de l’urne a laissé une femme en pleurs et une famille désemparée. Jamais un vol n’avait été commis au cimetière. Ou plutôt si: «Jamais une urne n’a été volée, mais il est arrivé qu’on dérobe des chiffres et des lettres de laiton sur les pierres tombales», précise Sacha Felber.

Femme nue

«Un cimetière est un lieu de recueillement, mais pas seulement...», reprend Sacha Felber. Ouvert jour et nuit, celui de Madretsch alimente aussi les fantasmes, pas seulement sataniques. «On a déjà vu une femme nue se faire photographier entre les tombes», relève le fonctionnaire.

Au cimetière de Mâche, à Bienne, on a retrouvé un matin toutes les bougies des tombes rassemblées en un tas. Pur vandalisme? Sans doute, mais qu’en est-il à Madretsch? «La tombe pillée peut avoir été prise pour cible pendant une célébration d’Halloween», suggère sans trop y croire Sacha Felber. «On aurait sans doute retrouvé une vidéo sur Youtube», estime le responsable qu'on devine préférer un malade psychique dans la peau du voleur.

Histoire de famille?

Le directeur sait que son cimetière est visité la nuit, notamment par des toxicomanes. Mais voler une urne, c’est peut-être un acte ciblé. Une histoire de famille? Une tombe placée au mauvais endroit au regard d’un proche du défunt enterré il y a deux ans? Ces questions relèvent de l'enquête policière.

Au cimetière de Madretsch, Sacha Feber et ses neuf employés ne veulent pas connaître l’environnement des défunts. «Tout savoir sur les morts rendrait notre vie infernale», rapporte le directeur.

L’appel à témoins n’a pas permis jusqu’ici d’identifier un suspect, mais le secrétariat du cimetière a reçu de nombreux appels: «Les familles veulent savoir si d’autres urnes ont disparu», rapporte Sacha Felber. Ce n’est pas le cas. (Le Matin)

Créé: 07.11.2018, 10h59

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters