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France Va-t-on enfin retrouver «La Minerve» après 51 ans de mystère?

Le sous-marin militaire a disparu en 1968 sans laisser aucune trace. De nouvelles recherches ont démarré ce jeudi.

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Pour les familles des 52 membres d'équipage, c'est un nouvel espoir qui renaît ce jeudi 4 juillet. «On a l'impression d'achever une quête débutée il y a 51 ans», témoignait ce matin sur Franceinfo Hervé Fauve, fils d'André Fauve, qui commandait le sous-marin «La Minerve» ce 27 janvier 1968. Il se souvient très bien, alors qu'il n'avait que cinq ans et demi, de ces officiers qui sont venus avertir sa mère le lendemain que son mari et tout son équipage étaient portés disparus. Le 4 juillet 2019, une nouvelle opération de recherches est enfin lancée pour tenter de retrouver l'épave et tenter de comprendre ce qui s'est passé.

Un bâtiment de 57 mètres

«La Minerve» est l'un des fers de lance de la flotte sous-marine française de l'époque. Un bâtiment de la classe Daphné, long de 57 mètres, pesant 800 tonnes et équipé de douze tubes lance-torpille. Le 27 janvier 1968 au matin, alors qu'il est en mer depuis une semaine, il débute un exercice de cache-cache avec un avion Bréguet Atlantic qui a décollé quelques minutes plus tôt de Nîmes et qui arrive sur zone à 7 h 15. Les deux appareils échangent des messages mais, une demi-heure plus tard, l'avion explique qu'il renonce à son dernier relevé radar en raison des mauvaises conditions météo. À 7 h 55, «La Minerve» répond: «Je comprends que vous annuliez cette vérification. M'avez-vous entendu?». Ce sera l'ultime signe de vie donné par le sous-marin.

Mais personne ne s'inquiète car la météo peut expliquer cette absence de communication. Sauf que «La Minerve» doit théoriquement rentrer à son port de Toulon au plus tard à 1 heure du matin le dimanche 28 janvier. À 2 h 15, l'alerte est donnée et les recherches commencent. Les réserves d'oxygène à bord du submersible ne permettent de tenir qu'une centaine d'heures. Des dizaines de bateaux, le porte-avions «Clémenceau», des hélicoptères, des avions et même la soucoupe de plongée du commandant Cousteau participent aux recherches. Rien, pas même une trace d'huile n'est retrouvée en surface. On découvrira toutefois que, ce 27 janvier à 7 h 59, un laboratoire de détection géophysique a enregistré une implosion en mer dans la région. Ce qui pourrait signifier que la coque du sous-marin a été écrasée par la pression et qu'il était donc en dessous des 525 mètres de profondeur qu'il peut atteindre au maximum.

Même sort pour «L'Eurydice»

Une deuxième campagne de recherches sera menée quelques mois plus tard. Puis une troisième en 1970 après que «L'Eurydice», un sous-marin du même type, n'implose en mer le 4 mars de cette année-là au large de Saint-Tropez, tuant ses 54 membres d'équipage. Son épave est, elle, retrouvée grâce au bateau américain de recherches sous-marines « Mizar». Ce dernier tentera alors à son tour de retrouver «La Minerve», sans résultat.

Depuis, plus rien. Silence total. «À chaque fois qu'on demandait des informations à l'armée, on nous répondait secret défense», a expliqué ce matin Hervé Fauve. Mais en octobre dernier, lui et 18 familles des marins disparus ont écrit une lettre ouverte à plusieurs élus, demandant la reprise des recherches du seul bâtiment français disparu en mer depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale à n'avoir jamais été retrouvé. L'initiative fonctionne puisque, le 5 février, 2019, la ministre des armées Florence Parly annonce que des recherches vont être menées, avec les technologies d'aujourd'hui.

Un drone de recherche

Ces dernières ont déjà permis de réaliser de nouveaux progrès. Grâce aux enregistrements sismiques, à une meilleure connaissance des courants marins, la zone de disparition de «La Minerve» est réévaluée. Elle se situerait beaucoup plus au sud que là où les précédentes recherches avaient été effectuées. Ce jeudi matin, à 8 h 30, un drone sous-marin a été mis à l'eau au large de Toulon, en lien avec un navire océanographique de surface qui, chaque soir, analysera les données recueillies par le submersible. Le drone, nommé AsterX, cartographiera les fonds-marins à 50 mètres au-dessus d'eux, recherchant en priorité des objets de 30 à 50 mètres. Il est capable de couvrir une surface de 10 km2 par jour, mais la zone de recherche mesure 100 km2. La campagne est prévue jusqu'au 13 juillet.

Ne pas remonter l'épave

Pour Hervé Fauve, l'explication la plus plausible de la disparition du sous-marin, avec les données que l'on a, est une avarie du gouvernail de profondeur. Cela aurait entraîné une plongée très rapide du sous-marin qui, en trois minutes, serait parvenu si bas que sa coque n'aurait plus pu résister à la pression. Si l'épave est bien dans la zone de recherches actuelle, elle devrait se trouver à quelques 2300 mètres de profondeur. «Si on la retrouve, je souhaite qu'on la laisse où elle est, c'est une sépulture sous-marine. Mais au moins, on saura où sont les membres de nos familles.»

Créé: 04.07.2019, 13h33


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