Mercredi 26 septembre 2018 | Dernière mise à jour 07:00

Justice Vaud: un an ferme pour celle qui a tenté d'embraser son époux

La quadra, jugée depuis lundi à Lausanne pour tentative de meurtre, a écopé de 36 mois dont 12 ferme. Elle a voulu bouter le feu à son mari, le planter et l'asperger avec de l'eau bouillante.

Cette affaire de violence féminine a été jugée au Palais de Justice de Montbenon, à Lausanne.

Cette affaire de violence féminine a été jugée au Palais de Justice de Montbenon, à Lausanne. Image: Laurent Crottet

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L'acte d'accusation, signé par la procureure vaudoise Maria Giannattasio, fait froid dans le dos. Celia* a fait vivre l'enfer à son mari durant deux ans. Cette ressortissante cubaine, au bénéfice d'un permis C, a commencé par les menaces à leur domicile lausannois. A réitérées reprises, elle a prévenu Costa* que, s'il la quittait, elle lui prendrait leur garçon et qu'il ne le reverrait jamais. Elle a également essayé d'effrayer son époux en lui disant qu'elle allait le frapper ou lui casser la gueule.

«Je vais te brûler, je vais te tuer»

Le 10 décembre 2017 vers 01h00 du matin, la mère de famille dépasse largement ses manœuvres d'intimidation. Et passe aux actes. Après une dispute au restaurant Les Brasseurs à Lausanne en présence de leur fils et d'une amie, la prévenue rentre chez elle. À son retour, Costa et le petit, qui avaient quitté l'établissement juste après la dispute, dorment. Encore très en colère et visiblement décidée à attenter à la vie de son mari, Celia se munit d'une bouteille d'alcool à 70% et d'un briquet. Elle se rend dans la chambre conjugale, se place du côté du lit où dort Costa. Elle soulève la couverture et verse sur son dos le liquide. Son époux, sentant quelque chose de froid et humide sur sa peau, se réveille. Sa femme lui hurle alors en espagnol «Je vais te brûler, je vais te tuer» et continuera à tenir ses propos en boucle.

Costa saute immédiatement hors du lit et court dans la salle de bains pour se laver. Celia le poursuit en lui disant «Tu vas apprendre à respecter une femme». Elle essaie d'utiliser le briquet pour lui bouter le feu et jette l'objet par terre, n'y parvenant pas. Réfugié dans la salle de bains, son époux bloque la porte avec ses mains (ndlr. il n'y a pas de clé). N'arrivant pas y entrer, elle va chercher un couteau à viande dans la cuisine et lance à Costa «Je vais te poignarder, je vais te couper». Elle l'injurie, le traitant notamment de «fils de pute» tout en tapant contre la porte de la salle d'eau. Durant environ une heure, elle alterne entre les coups contre la porte et les menaces.

Chantage au suicide

Pendant ce temps, Costa s'est assis par terre et retient la porte avec son dos en prenant appui avec ses pieds contre la baignoire. Celia donne un coup de couteau dans la porte et l'entaille. Alerté et agacé par le bruit, le voisin du dessus finit par venir sonner. L'accusée – détenue à Lonay – va lui ouvrir calmement. Celui-ci lui fait part de son mécontentement et dit qu'il veut appeler la police. Elle lui claque la porte au nez. «Je suis malade, je vais aller me suicider» a-t-elle ensuite asséné à Costa, avant de quitter les lieux. N'entendant plus rien, son mari sort de son refuge, s'habille et prend son véhicule pour la retrouver et l'empêcher de se suicider. Il l'aperçoit sur les hauts de Lausanne. Elle est en train de monter dans un taxi qu'il aimerait suivre. En vain, le chauffeur ne respectant pas les feux rouges. Pendant tout ce temps, leur enfant de 8 ans a fait semblant de dormir.

Un mois plus tard, le 17 janvier 2018 dans la soirée, lors de deux conversations téléphoniques, Celia a encore menacé Costa en lui précisant que «ce n'était pas nécessaire qu'il rentre à la maison car elle allait l'asperger d'eau bouillante, le poignarder et le tuer.» La pensionnaire de la prison de «La Tuilière», incarcérée pour des motifs évidents de sûreté, a également consommé de la cocaïne épisodiquement de janvier 2016 à janvier 2018 (ndlr. entre une à deux fois par semaine et une fois par mois).

Pas de diminution de responsabilité

Depuis lundi, l'accusée devait répondre d'une longue liste d'infractions devant le Tribunal correctionnel de Lausanne, présidé par Malika Turki. Principalement de tentative de meurtre, de tentative de lésions corporelles graves, de menaces qualifiées, d'injure, de tentative d'incendie intentionnel qualifié et de contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants.

Le Parquet avait requis 35 mois de prison dont 10 ferme. Les juges lausannois ont été légèrement plus sévères, suivant les experts psy qui ont conclu à la pleine responsabilité pénale de la maman. Ils l'ont condamnée à 36 mois dont 12 ferme avec sursis pendant 5 ans pour tentative de meurtre et tentative d'incendie intentionnel par dol éventuel (ndlr. en prenant le risque du résultat sans pour autant en avoir l'intention).

evelyne.emeri@lematin.ch

*Prénoms d'emprunt (Le Matin)

Créé: 10.09.2018, 12h45

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