Dimanche 15 décembre 2019 | Dernière mise à jour 15:30

Procès Vaud - Il terrifiait son ex: «Je vais te couper en quatre morceaux»

Un Portugais est accusé d'avoir violé, séquestré et menacé son ancienne conjointe. Il est aussi soupçonné d'avoir préparé sa mise à mort. Il sera jugé les 27 et 28 novembre par une Cour criminelle, à Lausanne.

Mercredi 27 et jeudi 28 novembre, le Tribunal criminel d'arrondissement de Lausanne jugera un Portugais de 61 ans, accusé d'avoir terrorisé, harcelé, traqué et violé son ancienne concubine.

Mercredi 27 et jeudi 28 novembre, le Tribunal criminel d'arrondissement de Lausanne jugera un Portugais de 61 ans, accusé d'avoir terrorisé, harcelé, traqué et violé son ancienne concubine. Image: Keystone/Christian Merz

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Donc n'oublie pas que tu as creusé ton trou» (ndlr. messages traduits littéralement du portugais); «Je te jure que brièvement tu ne verras plus tes petits-enfants je finis avec toi pour toujours»; «Par le mal je vais te vaincre»; «Toute je ferai pour te tuer»; «Tu ne feras pas te 60 ans je promets»; «Je vais te détruire et cela ne va pas tarder»; «Tu peux commencer à compter tes jours qu'il te reste à vivre»; «Ta mère si en bref ne donne pas de signe de rien je la TUE devant ton fils (ndlr. message à la fille de la plaignante)».

510 messages, 680 appels

Ces propos menaçants ressortent des 510 messages envoyés par un Portugais de 61 ans – parfois jusqu'à 30 par jour – à son ancienne compagne entre le 13 janvier 2017 et le 28 avril 2017. Sans compter les 680 appels en absence. Le prévenu a aussi harcelé sa fille, également partie civile. Selon l'acte d'accusation du procureur Julien Aubry et les déclarations de la plaignante, le couple que les deux sexagénaires formaient depuis le printemps 2012 a rapidement battu de l'aile. Plusieurs fois, la victime aurait tenté de rompre et aurait été rattrapée par des manœuvres de manipulation.

Antécédents avec son ex-épouse

Durant leur relation, l'accusé a été incarcéré pendant quatre mois, entre février et juin 2014, dans le canton de Vaud. Il avait déjà terrorisé son ex-épouse, proférant des menaces à son encontre. Le Portugais était rentré dans son pays en octobre 2015 avant la tenue de son procès. Les parties ont alors poursuivi leur «idylle» à distance, Madame se rendant au Portugal. Lasse de cette situation, cette dernière a décidé de le quitter définitivement en janvier 2017 depuis la Suisse. N'acceptant pas la rupture, l'homme est revenu à Lausanne. Et a commencé à s'en prendre à sa désormais ancienne amie.

«Pour toi, c'est fini aujourd'hui»

Ainsi, le 2 février 2017 vers 17h30, ainsi que le précise le procureur Aubry dans son ordonnance de renvoi, il l'aurait attendue près de son domicile lausannois et s'y serait introduit sans son autorisation, la projetant contre un mur. Il aurait verrouillé la porte de l'appartement, saisi ses clés et son portable. L'aurait poussée vers la chambre à coucher et plaquée contre un autre mur en lui serrant le cou. C'est alors qu'il lui aurait dit que c'était fini pour elle et qu'elle n'allait plus sortir de son logement. Tout en maintenant sa prise, il l'aurait traînée au salon. Très énervé, il lui aurait lancé après lui avoir donné un coup de poing dans la poitrine: «Pour toi, c'est fini aujourd'hui, je vais te couper en quatre morceaux».

Tétanisée, elle se laisse violer

Craignant pour sa vie, la sexagénaire n'aurait pas eu d'autres choix que d'obéir à celui qui la séquestrait. Pour le calmer, elle serait sortie acheter de l'alcool. Lui l'aurait prévenue: «Si tu fais quelque chose pour le signaler à quelqu'un, j'ai quelque chose dans ma poche et je te tue tout de suite». Vers 22h30, l'accusé lui aurait ordonné d'appeler le collègue, qui devait passer la chercher pour aller au travail, afin de l'informer qu'elle ne s'y rendrait pas. Au moment du coucher, la plaignante, de peur de se faire frapper ou de subir quelque représaille que ce soit si elle le contrariait, se serait laissée faire et n'aurait pas combattu. Le Portugais l'aurait forcée à entretenir une relation sexuelle, embrassée, caressée. Abusée.

Il fuit au Portugal

Le lendemain matin 3 février 2017, la proie du prévenu, souffrant de douleurs à la poitrine, aurait demandé à voir un médecin. Les deux sexagénaires se sont alors rendus au Centre médical de Vidy. La patiente a profité d'être seule durant une radiographie pour téléphoner à sa fille. Elle aurait ensuite demandé au prévenu de rester dans la salle d'attente, qui a compris ce qu'il se tramait et qui a pris la fuite. La police avait en effet été alertée. L'homme s'est rendu au domicile de son ex-compagne, y a pénétré par effraction et a ramassé ses effets personnels dans sa valise avant de repartir pour le Portugal.

Contrainte à déménager

Trois mois plus tard, le 27 avril 2017, l'accusé est à nouveau revenu à l'adresse de son ex-amie depuis son pays d'origine. Dans l'intervalle, sa compagne, contrainte de modifier son mode de vie, avait déménagé. Face à un appartement vide, il a attendu le lendemain matin pour aller sonner chez la fille de celle qu'il traquait, essayant même de s'introduire dans son habitation de la région lausannoise en manipulant la serrure. Avisées, les forces de l'ordre ont pu interpeller l'homme en cavale peu après, non loin de là.

Sinistre attirail dans sa valise

Dans son bagage, les enquêteurs ont retrouvé un sac en plastique contenant deux sangles de 1,5 m de long, un lacet de 80 cm, une cordelette de capuchon de même taille, un rouleau adhésif de 5 cm de large et une paire de gants de jardinage neuve. Selon le Parquet, tout porte à croire que l'individu s'apprêtait à attenter à la vie de son ancienne compagne, ou, à tout le moins, à la séquestrer une nouvelle fois. Détenu depuis le 28 avril 2017, le Portugais va devoir répondre de viol, de contrainte, de séquestration et enlèvement, d'actes préparatoires délictueux à meurtre, de menaces et de lésions corporelles simples.

Evelyne Emeri

evelyne.emeri@lematin.ch

Créé: 22.11.2019, 06h47

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.