Samedi 24 août 2019 | Dernière mise à jour 04:13

Nicaragua Une victime d'exorcisme affamée puis brûlée vive

Un pasteur et des complices sont jugés au Nicaragua pour avoir brûlé vive une paysanne de 25 ans après l'avoir affamée.

A l'audience, un policier montre une corde ayant servi à ligoter la victime. (Mercredi 26 avril 2017)

A l'audience, un policier montre une corde ayant servi à ligoter la victime. (Mercredi 26 avril 2017) Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les témoins du procès au Nicaragua du meurtre d'une femme, brûlée vive lors d'un exorcisme, ont donné mercredi des détails macabres sur les tortures infligées à cette paysanne de 25 ans, privée d'eau et de nourriture et frappée pendant une semaine.

Le pasteur jugé dans ce procès «nous a dit que nous ne devions pas aimer (Vilma Trujillo, la victime, ndlr) car elle était le diable en personne, qu'il fallait la brûler jusqu'à ce qu'il ne reste plus que sa tête», a raconté le cousin de la victime, Roberto Trujillo, devant un tribunal de Managua au deuxième jour du procès.

Le rite a eu lieu entre le 15 et 21 février à El Cortezal, petit village isolé du nord-est du pays.

Condamnée au bûcher

Des témoins ont raconté que pendant cette période, la femme, mère de deux enfants, a été attachée, privée d'eau et de nourriture avant d'être condamnée au bûcher pour l'exorciser. Elle est finalement décédée le 28 février dans un hôpital de Managua où elle avait été transportée. Son corps présentait des brûlures du deuxième et troisième degré après avoir été exposé à une température de 400 degrés, a indiqué le médecin légiste, Ricardo Larios.

La petite soeur de la victime, Marlene, a raconté mercredi au procès qu'elle avait vu Vilma, ligotée à un hamac, mais n'avait rien fait. «Ils ne me laissaient pas aller avec elle et le pasteur Juan Rocha a dit qu'il ne fallait pas y faire attention, (car) elle avait un démon» en elle.

«Elle ne pouvait pas marcher»

Quand le père et le cousin de Vilma sont venus la chercher, dans la petite chapelle où elle avait été torturée et brûlée, «elle ne pouvait pas marcher», a raconté d'une voix faible le cousin, Roberto.

Son père a lui déclaré que le pasteur lui avait interdit de voir sa fille pendant les sept jours qu'a duré l'exorcisme. Il lui a ensuite affirmé qu'elle s'était brûlée elle-même.

Le juge Alfredo Silva a suspendu l'audience jusqu'au 2 mai pour permettre l'audition de nouveaux témoins. Le ministère public accuse le pasteur Rocha, ainsi que quatre complices dont deux de ses frères, d'enlèvement et assassinat. (afp/nxp)

Créé: 27.04.2017, 00h20

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.