Dimanche 21 octobre 2018 | Dernière mise à jour 02:35

Canton de Fribourg Vives réactions après l'exil d'un pédophile en Argentine

Malgré un groupe Facebook et des courriers envoyés aux autorités, ils n’ont pas pu empêcher le «pédophile de quitter la Suisse».

Christine, comme des dizaines d’autres, a écrit aux autorités
en espérant changer les choses. Sans succès.

Christine, comme des dizaines d’autres, a écrit aux autorités en espérant changer les choses. Sans succès. Image: Jean-Guy Python

Est-ce normal de pouvoir quitter la Suisse sans avoir purgé sa peine?

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Ils sont des centaines à s’être mobilisés pour aider François dans son combat contre l’homme qui a abusé de son fils, Antoine*. Ils ont créé un groupe Facebook et ont surtout envoyé de très nombreux fax et e-mails aux autorités fribourgeoises pour empêcher «le pédophile» de quitter la Suisse. Mais rien n’y a fait. Paolo*, condamné à une peine avec sursis, a déjà filé en douce pour l’Argentine, avant la date prévue, sans purger sa peine: il est parti sans s’acquitter des indemnisations dues à sa victime, et sans aucun contrôle du suivi de sa thérapie, condition du sursis. Sans compter qu’il a emmené avec lui son fils Nicolas*, 5 ans, que François espérait pouvoir protéger.

«J’ai trois enfants, alors j’ai été touchée par ce qui arrive à cette famille, explique Christine, qui ne connaît pas François. J’ai écrit un fax au Ministère public de Fribourg en espérant que cela aurait pu changer la donne.» Chacun y a mis du sien, pour mettre la pression et tenter de corriger cette «injustice».

Mais que Paolo soit parti aujourd’hui comme prévu, ou un autre jour, tous ces efforts auraient de toute façon été vains. «Personnellement, je partage la colère de ces gens, mais il n’y avait rien à faire, relève Erwin Jutzet, conseiller d’Etat (PS), chargé de la Sécurité et de la Justice. La loi est ainsi faite.»

Ils militent aussi en Argentine

Et qu’en est-il de Nicolas, le fils de Paolo, parti avec lui? «Moi, j’ai vraiment peur pour lui, répond Florence, sa tante. Car quelqu’un qui a abusé de l’enfant de sa femme pendant six mois va recommencer. Les autorités auraient dû tout faire pour le garder en Suisse. J’espère avoir contact avec lui pour m’assurer que tout va bien.»

La justice de paix de la Veveyse, l’autorité en ce domaine, est restée injoignable hier, et le Service de l’enfance et de la jeunesse n’a pas souhaité s’exprimer. Mais, selon nos informations, s’il n’a pas été jugé nécessaire de garder l’enfant en Suisse, la transmission du dossier en Argentine est étudiée.

Cette mobilisation fait chaud au cœur de François. «Je suis impressionné qu’autant de personnes que je ne connais pas aient donné de leur temps, cela me met la larme à l’œil», relève-t-il. Et malgré l’échec en Suisse, le combat continue. En Argentine notamment, où des membres du groupe Facebook ont déjà milité et prévenu de l’arrivée de Paolo «pour qu’il ne débarque pas en pays conquis».

*Prénom d’emprunt

Créé: 15.11.2012, 05h49

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