Samedi 4 juillet 2020 | Dernière mise à jour 02:31

Suisse romande C'est dur aussi pour les festivals de la rentrée

Alors que les open-air de l'été vont vraisemblablement renoncer à leur édition 2020, ceux de septembre naviguent à vue. Exemple avec La Bâtie, le Chant du Gros et Label Suisse.

Le Chant du Gros, qui doit se dérouler au Noirmont (Ju) du 3 au 5 septembre, dit attendre avec «impatience» la décision du Conseil fédéral pour être enfin fixé sur son sort.

Le Chant du Gros, qui doit se dérouler au Noirmont (Ju) du 3 au 5 septembre, dit attendre avec «impatience» la décision du Conseil fédéral pour être enfin fixé sur son sort. Image: J. Vallat

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Fin août, c'est la rentrée. Du moins sur le papier, mais on peine à imaginer que les écoles seront encore fermées. La vie pourrait alors avoir repris son cours normal dans les rues, dans les restaurants et – pourquoi pas? – dans les festivals. Alors que les open-air de l'été, comme Festi'Neuch ou le Paléo, attendent jeudi une décision du Conseil fédéral pour tirer un trait sur cette année, les manifestations de septembre semblent mieux loties. Et pourtant.

«C'est loin et, en même temps, c'est très près», soupire le directeur de La Bâtie, Claude Ratzé, qui aimerait lui aussi être au clair pour la suite. En débutant le 28 août pour se terminer le 13 septembre, le festival genevois serait en première ligne de l'après-confinement. Comment s'y prépare-t-il?

La Bâtie détricote son programme

«On déconstruit et on reconstruit notre programme sans cesse», explique Claude Ratzé, qui prend l'exemple de la capacité des salles – La Bâtie en investit 32. Devra-t-on se priver des lieux les plus grands? Ou ne les remplir qu'en partie? On n'en sait rien.» Faire venir des artistes internationaux est une autre problématique: les voyages intercontinentaux ne seront pas forcément rétablis. Le festival pourrait alors se tourner davantage vers les projets locaux. «On essaie de se donner le plus de temps possible: nous avons des réserves contractuelles pour ne pas s'engager avant le 15 mai et la présentation de notre programmation est agendée au 17 juin», annonce-t-il.

Le Chant du Gros veut une réponse rapidement

Au nord, au Noirmont (JU), Gilles Pierre dit attendre avec «impatience» la décision du Conseil fédéral. Son festival, le Chant du Gros, doit se dérouler du 3 au 5 septembre. «Notre programmation est terminée depuis longtemps déjà, mais l’annonce a été repoussée à début juin, ceci afin d’y voir plus clair avec la situation terrible que nous vivons. Mais je ne sais pas si nous allons pouvoir la dévoiler un jour», regrette-t-il.

Le Jurassien ne se fait guère d'illusions. Si les autorités décident d'interdire toutes les manifestations jusqu'à fin août, comme elles pourraient le faire jeudi, il n'envisage pas que 45 000 festivaliers débarquent au Chant du Gros quelques jours après seulement. «Toute l’équipe rêve d’une édition magique mais je ne vois pas comment le virus pourrait totalement disparaître d’ici là et je ne vois pas non plus comment on peut demander des mesures de sécurité à des milliers de personnes durant un concert.»

L'organisateur du Chant du Gros a besoin d’une réponse le plus vite possible. En effet, plus le temps passe, plus la situation financière est délicate. «Si le festival est annulé maintenant ça sera difficile pour nous, décrit-il. Mais, avec l’aide de la confédération, du canton, de la commune et peut-être de certains sponsors, on devrait pouvoir s’en sortir. Si on reçoit l’interdiction début, voire mi-août, ça sera probablement beaucoup plus compliqué.»

Label Suisse a encore du temps devant lui

Pour Label Suisse, la situation est plus encourageante. Il faut dire que la biennale des musiques suisses est prévue à Lausanne dans plus de cinq mois, du 18 au 20 septembre, et que le montage ne dure qu'une semaine, la majorité des concerts se déroulant dans des clubs. Sans compter que la spécificité du festival est de ne programmer que des artistes du cru. «Nous ne sommes donc pas dépendants des tournées internationales, déclare Julien Gross, son président. De plus, nous travaillons exclusivement avec des prestataires suisses.»

Au début de la crise du coronavirus, la Ville de Lausanne a tout de même demandé à la manifestation une analyse des risques et des échéances de ses engagements financiers. «Ceci afin d'être certains de ne pas engager des frais à un moment X si la situation n’est pas stable. Comme la commande de la grande scène de la place Centrale», explique Julien Gross.

Mais déjà renoncer ou miser sur un report à 2021 n'est pas à l'ordre du jour. «Label Suisse doit permettre à des dizaines de groupes suisses de pouvoir s’exprimer après des semaines de confinement», avance Julien Gross, qui donne rendez-vous le 26 août pour découvrir l'affiche de la 9e édition.

Laurent Flückiger

Créé: 15.04.2020, 17h21

En direct de Twitter avec @lemondedekaro et @Fluckskywalker





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