Samedi 20 juillet 2019 | Dernière mise à jour 23:21

Hong Kong Licenciée à cause de son cancer, elle est indemnisée

Une employée philippine de l'ex-colonie britannique avait été remerciée quand elle avait annoncé son cancer à son employeur. Elle obtient un dédommagement.

Baby Jane Allas.

Baby Jane Allas. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une employée de maison philippine à Hong Kong qui avait été licenciée après le diagnostic de son cancer et privée en conséquence d'accès aux soins a obtenu l'équivalent de 3300 euros d'indemnités lors d'un arrangement à l'amiable passé devant un tribunal de l'ex-colonie britannique.

L'affaire avait fait grand bruit, en illustrant à nouveau le sort parfois peu enviable des domestiques de Hong Kong. Mère célibataire de cinq enfants, Baby Jane Allas venait d'avoir 38 ans quand on lui a diagnostiqué en janvier un cancer du col de l'utérus de stade trois.

En février, la famille qui l'employait lui remit une lettre de licenciement citant comme raison son cancer, ce qui entraînait également la fin de tout espoir de remboursement de ses frais médicaux.

Alors même qu'elle subissait une radiothérapie et une chimiothérapie, elle dû demander des prolongations de visa pour rester à Hong Kong, son licenciement impliquant sur le papier qu'elle quitte le territoire sous 15 jours.

Mme Allas et son employeur, qui était absent à l'audience de lundi, sont cependant parvenus à un accord à l'amiable devant le tribunal du travail de Hong Kong. L'accord prévoit que Mme Allas reçoive 30'000 HKD (3380 euros) en paiement de ses indemnités maladie, de ses frais médicaux et de salaires.

«J'encourage les travailleurs à se battre s'ils ont ce genre de problèmes», a-t-elle dit à l'extérieur du tribunal. Près de 370'000 employées de maison appelées pudiquement «helpers» ou assistantes, pour l'essentiel des Indonésiennes et des Philippines pauvres, travaillent à Hong Kong. La plupart effectue des tâches ingrates faiblement rémunérées dans des conditions difficiles.

Travail forcé

Les autorités soutiennent que le système est juste et que les abus sont rares. Mais les défenseurs des droits humains affirment qu'elles sont souvent victimes d'exploitation, la loi ne leur offrant qu'une protection sommaire.

Le Centre pour la justice de Hong Kong estime qu'une employée de maison sur six subit des conditions qui s'apparentent à du travail forcé. L'année dernière, le département d'Etat américain avait placé Hong Kong au même niveau que la Thaïlande et l'Afghanistan en matière de trafic d'êtres humains, pour partie à cause de la protection insuffisante des domestiques.

Les frais élevés versés à des agences pour être recrutées, l'obligation d'habiter chez l'employeur, un salaire minimum de 4.520 dollars hongkongais (510 euros) et le fait qu'elles doivent quitter Hong Kong en quelques jours si elles perdent leur emploi expliquent qu'elles soient très vulnérables aux patrons peu scrupuleux ou maltraitants. (afp/nxp)

Créé: 15.04.2019, 12h13

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

En direct de Twitter avec @lemondedekaro et @Fluckskywalker





Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.