Mardi 11 décembre 2018 | Dernière mise à jour 01:48

Montreux jazz Rag’n’Bone Man, géant à la voix d'or

Le prodige anglais joue ce soir au Lab et nous, on mise tout sur son talent aussi impressionnant que sa carrure. Interview.


(Image: Sébastien Anex)

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En arrivant dans la même pièce que Rag’n’Bone Man, vous vous sentez toute petite. Mais quand le bonhomme vous tend gentiment la main, vous dit «hello, nice to meet you» avant de vous présenter «sa meilleure moitié» qui l’accompagne, vous reprenez votre taille normale! C’est que le chanteur anglais de 30 ans, Rory Graham à la ville, n’a pas l’attitude de son apparence de colosse tatoué aux fringues de rappeur londonien. Il est plutôt réservé, carrément poli, et, depuis son «Bluestown EP» en 2012, il a fait un sacré bout de chemin et a vu son univers bouleversé depuis la sortie de «Wolves», l’an dernier.

Conversation avec cet artiste à la voix d’or, coup de cœur du festival qui l’avait choisi pour chanter à sa conférence de presse.

Comment avez-vous découvert votre voix? Grâce au whisky! (Il rit.) En fait, mon père m’emmenait à des jam-sessions de blues. Je participais avec mon harmonica, et même si je connaissais par cœur tous les morceaux que l’on jouait, je n’avais pas assez confiance pour les chanter. Un soir, mon père a insisté pour que je chante, alors j’ai bu du whisky et j’ai trouvé le courage de monter sur scène.

Ça va mieux maintenant? Oui! (rires.) J'ai beaucoup voyagé, joué devant plein de gens différents et leurs réactions sont tellement géniales. Aujourd’hui, pour moi, être sur scène c’est la meilleure sensation du monde!

Dans «Back in Brighton» on vous voit chanter avec votre maman. Vous le faites encore? Oui. On le faisait surtout beaucoup quand j’étais enfant. Elle a beaucoup influencé mes goûts musicaux. On écoutait Billie Holiday, Bessie Smith et c’est grâce à elle que j’aime le blues et le jazz.

Quelle était votre chanson favorite à ce moment-là? «Little Ghetto Boy» de Donny Hathaway. Plus tard, quand Dr. DRE l’a samplé sur son album «The Chronic», ma mère a immédiatement adoré ce titre hip-hop parce qu’elle avait reconnu le morceau! C’est un joli souvenir pour moi.

Avant, vous travailliez avec des personnes atteintes des syndromes d’Asperger et Down. Que vous ont-ils appris? La compassion. Ils gèrent différemment leurs émotions et leurs limites sont plus larges, ce qui fait qu'ils sont très sincères. Ce sont des choses que j’ai retenues d’eux.

C’est pour ça que votre musique est inclassable! Un peu de blues, de soul, de hip-hop… Exactement, car je pense que l’on n’a pas besoin de choisir, on peut tout faire. C’est pour ça que mes disques sont si différents. Dans mes concerts, il y a pleins de générations différentes, les plus vieux me disent que je leur rappelle Muddy Waters et les plus jeunes me parlent parfois de DJ Premier, c’est incroyable! Oui, je compte bien rester éclectique! (Rires.)

D’ailleurs DJ Premier a dit qu’il vous trouvait incroyable! Oui, un pote m’avait réveillé à 5 heures du matin en me disant que je devais regarder Twitter, c’était totalement dingue!

Vous avez collaboré avec des rappeurs. On peut imaginer pareil avec des bluesmen? Oh oui! J’adore les collaborations. Pour l’instant, je souhaite finir mon album, mais j’ai tellement d’idées pour le futur.

Alors, qui pour le duo de rêve? En ce moment, j’adore Gary Clark Jr, il est tellement bon. Et pour le hip-hop j’aime beaucoup Kendrick Lamar. S’ils pouvaient m’entendre, on ne sait jamais! (Rires.)

«Soul» et «funk» sont tatoués sur vos mains. Vos titres favoris dans chaque style? OK, mais c’est dur! Je dirais «A Song For You» de Donny Hathaway et la version de «Que Sera Sera» par Sly And The Family Stone.

Il y a votre titre «Wolves» et la pochette de «Disfigured» où vous fusionnez avec un loup, vous avez un truc avec eux? (Il rit.) «Wolves» parle de l’addiction, du fait de ne pas laisser entrer le loup dans la maison… Et alors que je venais de l’écrire, une amie m’a montré une photo de son chien-loup! J’y ai vu un sens. Et pour la pochette c’est une continuation visuelle pour que ceux qui m’ont connu avec le titre.

Et vous aimez les animaux!? Oui! (Rires.) Surtout mon chat, elle s’appelle «Patricia», c’est la plus belle et je l’adore.

Al got us dancing innit

Une vidéo publiée par Rag Bone Man (@ragnbonemanuk) le

(Le Matin)

Créé: 13.07.2016, 11h53

En direct de Twitter avec @lemondedekaro et @Fluckskywalker





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