Samedi 23 novembre 2019 | Dernière mise à jour 00:28

Concert Clara Luciani: «Je n'ai jamais eu de mal avec la séduction»

La révélation française a réveillé Montreux, mercredi, avec «La Grenade». Elle se confie sur sa métamorphose durant cette dernière année. «C'est féérique», dit-elle.

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«Hey toi! Mais qu'est-ce que tu regardes?» chante Clara Luciani avant la fin de son concert, mercredi, au Montreux Jazz. On regarde une femme qui, en un peu plus d'une année, a accompli un très beau parcours et qui ondule sur scène comme personne. «C'est la danse des gens timides», blague-t-elle. La chanteuse de 26 ans charme le Lab en 12 titres, sans fausse note et avec une énergie qu'on ne lui soupçonnait pas.

Vêtu d'un chemisier rouge et un pantalon noir (elle s'est changée au moins trois fois durant la journée), l'ex-membre du groupe La Femme attend cinq morceaux avant de s'adresser à son public. D'une voix douce et grave, elle prend la température et se révèle drôle lorsqu'elle chuchote à un fan qu'elle l'appellera plus tard. «Je n'ai jamais eu du mal avec la séduction. Il en faut dans ce métier. Surtout dans les festivals lorsque les gens ne viennent pas forcément pour vous voir. Peut-être, je suis un peu plus joueuse, un peu plus rieuse. La musique a toujours été quelque de chose que j'ai pris très au sérieux et, tout à coup, j'ai peut-être gagné le petit truc de confiance en moi pour m'amuser sur scène et en studio. J'ai réussi à dompter un peu mon trac», nous a-t-elle glissé juste avant de monter sur scène.

Ne lui dites pas qu'elle est rock

Un peu joueuse? Elle est tout à fait à l'aise tout au long du show, oui. Que ce soit sur des titres qui bougent comme «Nue» ou lorsqu'elle se retrouve seule derrière sa guitare sur «Drôle d'époque», elle captive. Clara Luciani est d'ailleurs plus rock qu'on l'imaginait. «Je ne me sens pas capable de dire que je fais du rock, non. Même si la plupart des musiques que j'écoute sont dans ce style, je sais que j'ai aussi un côté chanson française. D'ailleurs, les gens qui se considèrent rock ne le sont pas. Je trouve ça assez bizarre de le dire.»

La fan des Pixies et de Juliette Gréco pense aussi qu'il est très difficile d'allier la langue de Molière et ce style de musique. «On a l'impression que ce n'est pas fait pour se rencontrer. Téléphone et Indochine ont réussi le pari. Mais avoir une crédibilité rock, c'est compliqué.» Elle a expliqué avoir été un peu admirative de La Femme lorsqu'elle les a rejoints, car le groupe est dans la même veine, voire même «un peu punk».

Le ciné pourquoi pas, mais d'abord la musique

La chanteuse du sud de la France, dont la tournée se terminera par deux Olympia en septembre, joue la quasi totalité de son premier album, hier. Pas de chansons inédites, ni même «Future Shock», le titre réalisé par Marc Collin qu'elle interprète dans le film «Le Choc du futur». «Ce n'est plus mon truc. Je ne prends pas trop de plaisir à être interprète, maintenant que je peux chanter mes propres chansons. Et j'ai l'impression de ne pas avoir la même voix en anglais.» Son expérience cinématographique, quant à elle, a été «plus amusante». «J'aimerais bien avoir plus de projets. Je suis hyper admirative des gens qui arrivent à gérer plein de choses en même temps», a-t-elle dit avant de préciser qu'elle ne se sent pas habitée par le théâtre et le cinéma comme elle l'est par la musique.

La musique la libère et la nourrit. Elle écrit constamment. Cela fait déjà quelque temps qu'elle plonge sur son deuxième album. Pour vingt chansons écrites, elle n'en garde que deux. «De façon générale, je suis très exigeante avec moi-même.» Une vraie perfectionniste qui avoue que ce disque est beaucoup plus stressant que le premier. «J'ai eu vingt-cinq ans pour préparer «Sainte Victoire», il faudrait que je trouve la même inspiration en deux ans. Je me fixe des délais car sinon ça pourrait prendre quinze ans et j'ai surtout envie que les gens qui m'ont découverte l'année dernière me revoient assez rapidement.» La révélation française des Victoires de la musique nous a glissés qu'elle parlera forcément d'amour, car elle est une éternelle romantique. «C'est un sujet universel sur lequel on n'arrivera jamais à bout.»

De l'amour, elle en donne et en reçoit tout au long de son show. Celui-ci se termine par l'explosif «La Grenade» où elle lâche tout avant de disparaître timidement. «A bientôt», susurre-t-elle. On l'attend déjà pour un retour fracassant.

Créé: 04.07.2019, 11h52

En direct de Twitter avec @lemondedekaro et @Fluckskywalker





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