Mardi 17 septembre 2019 | Dernière mise à jour 06:14

Interview Christine and the Queens: «Avant un show, je suis un samouraï»

La Nantaise jouera sur la Grande Scène de Paléo ce mardi à 21h15. Rencontre quelques heures avant dans sa loge.

Christine and the Queens se sent «libre et bien» sur scène.

Christine and the Queens se sent «libre et bien» sur scène. Image: AFP

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Il est à 14 h, la chaleur est omniprésente sur la plaine de l'Asse, alors qu'on a rendez-vous avec Christine and the Queens en backstage de la Grande Scène. Elle nous accueille en crop top et short noir, quelques perles de sueur sur le front. «Bonjour!» On se réfugie alors dans sa loge pour profiter de la climatisation. «On est mieux ici, non?» nous dit-elle. La Nantaise de 31 ans semble sereine pour son concert, ce soir à 21h15, sa dernière date de juillet. Elle revient avec beaucoup d'autodérision sur l'importance du live dans sa vie et notamment sur sa routine avant les shows qu'elle ne trouve pas très «stylée».

Quel souvenir gardez-vous de votre premier Paléo, en 2015?

Sauf erreur, je n'étais pas sur cette scène et il faisait très orageux.

Il avait commencé à pleuvoir sur votre dernière chanson «Nuit 17 à 52». Aujourd'hui, c'est votre retour, cela vous fait quel effet?

Ma danse de la pluie a fonctionné. (Rires.) C'est assez émouvant. Grâce à cette deuxième tournée, je reviens souvent aux mêmes endroits et je vois l'évolution. Le Paléo est un exemple parfait, car on me retrouve ce soir sur la Grande Scène et il n'y a que quatre ans qui se sont écoulés. Il s'est passé tellement de choses. En même temps, c'était aussi un peu le pari. Avec cette tournée des festivals en 2015, il y avait la fraîcheur du premier album, «Chaleur Humaine», qui explosait. Mais on se demande toujours ce qui va se passer lors du deuxième rendez-vous. Est-ce que les gens seront encore ravis d'être avec moi ce soir? Dans tous les cas, je suis hypercontente de revenir.

Le chiffre 2 est souvent synonyme de pression, autant pour un album que pour une tournée.

Exactement. Passée la première fraîcheur, est-ce que tu survis? C'est la question que je me pose.

Et vous, vous survivez en vous réinventant?

C'est un peu ma technique. Enfin, un instinct même. En tant qu'artiste, cela ne fait pas sens de capitaliser toujours sur la même chose. Lors du premier disque, j'étais déjà ailleurs. J'ai envie d'explorer des choses. D'ailleurs, c'est marrant car là j'écris déjà des nouvelles chansons et visuellement ce n'est pas du tout pareil...

Un troisième album se prépare?

Alors... (Elle réfléchit.) Je suis à un moment où je ne peux pas dire tout ce que je voudrais. Il y a des choix à faire, mais c'est sûr qu'il y a des chansons qui vont vite exister.

Qu'est-ce qui changera ce soir par rapport à votre premier show au Paléo?

C'est complètement réécrit. Il y a juste un truc auquel je n'ai pas pu toucher car c'est un moment emblématique: la chorégraphie de Marion Matin sur le titre «Christine». Sinon, on joue pas mal de titres du deuxième album, «Chris», et on a vraiment retravaillé la danse. J'ai une autre équipe de danseurs qui sont super et sont très intenses. Il y a peut-être quelque chose aussi d'un peu plus théâtral, car mon dernier disque parle énormément de duo. Il m'en fallait pour créer un espèce de jeu entre tout le monde.

C'est plus exigeant que votre première tournée?

Oui! Il y a des moments contemporains en danse où l'on va aussi très loin. Du coup, on remarque que l'écoute du public est différente. Il y a une qualité de silence impressionnante, même durant les festivals. Je suis obligée de leur demander si ça va. (Rires.)

Qui vous impressionne sur scène?

Je peux avoir des goûts assez différents. Aujourd'hui, personne ne peut nier que Beyoncé fait de superbes machineries pop. En même temps, le truc qui m'a émue ces dernières années a été le show d'Anohni à la Philharmonie de Paris. J'ai pleuré tout le long. C'est presque une performance contemporaine et en même temps c'est hyper poignant. J'aime ces deux trucs et j'en fais un mix.

Avez-vous peur avant de monter sur scène?

Pas trop. J'adore aller sur scène. Parfois, c'est le seul endroit où je me sens bien. Bon, je suis un peu dramatique sur cette dernière phrase. C'est un endroit que je comprends et qui me comprend. Je m'y sens libre et bien. Particulièrement quand je passe des journées difficiles. C'est tellement important à mes yeux que toute la journée s'articule autour de la scène. Les gens de mon équipe vont faire un tour, alors que moi je reste dans ma loge. Je suis un peu comme un samouraï: je médite non-stop.

C'est de cette manière que vous ne faiblissez pas lors des tournées?

Exactement. Il faut être disciplinée pour tenir 75 minutes de show où l'on chante et l'on danse. De plus, je n'arrive pas à doser ce que je donne. Si je bois deux verres de vin la veille, je le ressens direct le lendemain.

Comment vous sentez-vous lors de vos journées de repos en tournée?

C'est hyperimpressionnant à vivre. Parfois, ça me déprime totalement. Je cherche l'adrénaline quelque part. Si je ne fais rien, je suis amorphe. C'est pour cela que j'écris: pour vite prévoir la suite.

Vous paraissez sur la dernière chanson de Charli XCX, «Gone». Comment a eu lieu cette collaboration?

Tout d'abord, il faut savoir que je suis quelqu'un de timide et je n'ai pas beaucoup d'amis dans la musique. Je la trouvais cool depuis très longtemps et on s'est enfin rencontrées il y a quelques années. On s'est ensuite parlées par messages et cette chanson est née de toutes nos conversations en tant que femmes dans l'industrie, de nos vies... Quand elle m'a envoyé la démo, il y avait juste la production et une phrase (ndlr.: elle commence à la chanter: «I feel so unstable, fucking hate these people»). Elle m'a proposée de l'écrire et grâce à toutes nos discussions, elle a été composée assez rapidement. J'avais peur qu'elle n'aime pas. Au final, elle a adoré.

Avant de se quitter, dites-nous: avez-vous un rituel avant de monter sur scène?

Pas tant que ça. J'ai un peu honte... (Elle pense.) Oui! J'ai besoin de regarder tous les danseurs dans les yeux avant de monter sur scène et je leur fait un petit signe de bourrée (ndlr.: elle fait semblant d'empoigner les bras de quelqu'un et ferme les yeux en mimant le bruit d'un bisou). J'ai commencé ce rituel en 2014, et je ne peux plus m'en défaire car je suis superstitieuse. J'aimerais bien avoir quelque chose de plus stylé. (Elle éclate de rire.)

Créé: 23.07.2019, 16h48

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