Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 16:35

Disparition de Livia et Alessia «On ne perd jamais espoir»

Trois ans que les jumelles Alessia et Livia ont disparu et la nouvelle piste du Canada ravive douleur et espoir, explique Andrea Lemay de la Fondation Missing Children.

Une nouvelle piste concernant Alessia  et Livia est venue rouvrir les blessures des proches, comme le décrit la psychologue Andrea Lemay

Une nouvelle piste concernant Alessia et Livia est venue rouvrir les blessures des proches, comme le décrit la psychologue Andrea Lemay Image: Laurent Crottet

LES ÉTAPES À PASSER

LE CHAOS
Moment de la disparition.

LA RECHERCHE
Les proches sollicitent la police et les médias.

LE DÉSESPOIR
Cette étape est vécue en alternance avec des moments d’espoir.

LA SOLITUDE
L’enquête piétine et les proches sont les seuls à y croire.

LE DEUIL
Les proches sont prêts à regarder vers l’avenir.

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Livia et Alessia

Livia et Alessia Les jumelles Livia et Alessia ont disparu de St-Sulpice (VD) le 30 janvier 2011.

Galerie photo

Toujours sans nouvelles d'Alessia et Livia

Toujours sans nouvelles d'Alessia et Livia Les deux sœurs jumelles de 6 ans enlevées par leur père à Saint-Sulpice (VD) en 2011 n'ont toujours pas été retrouvées.

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Sur Twitter, le hashtag «Alessia e Livia», prénoms des jumelles disparues le 30 janvier 2011, amène presque chaque jour son lot d’hypothèses. Vraies comme fausses. Des rebondissements médiatiques, il y en a aussi. La télévision italienne, Rai 3 et son émission «Chi l’ha visto», a fait le buzz mercredi soir avec la divulgation d’une lettre. Un courrier envoyé à la rédaction de l’émission affirmait que les jumelles seraient vivantes et qu’elles se trouveraient au Canada entre Lachute et Ottawa. Un épisode de plus pour les téléspectateurs, mais une information qui, pour les proches, peut être vécue comme un véritable séisme.

La mère des jumelles, Irina Lucidi, ne souhaite pas en parler. «Elle s’est déjà beaucoup exprimée. On essaie de la protéger, car à chaque fois ça ouvre la blessure. Elle a tant donné, elle est épuisée», explique Alessandra Cossu, responsable presse de la Fondation Missing Children, créée peu après la disparition des fillettes, dans le but d’aider d’autres parents dont les enfants sont portés disparus. Cet épuisement, Andrea Lemay le connaît bien. Psychologue de la fondation, elle accompagne de nombreuses familles, dont la maman des jumelles. Par expérience, elle sait l’impact d’une fausse piste. «Les familles n’abandonnent jamais. Mais si une piste n’aboutit pas, la déception est énorme», souligne-t-elle.

Sans corps, pas de deuil

Dans les cas qu’Andrea Lemay a observés, elle relève un réflexe profondément humain: «On ne peut pas s’empêcher d’espérer. Il est difficile de prendre de la distance. On a tous envie que cette nouvelle piste donne quelque chose pour pouvoir les retrouver. Surtout parce qu’on a besoin d’obtenir des explications.» Et de faire remarquer: «Les proches d’un disparu doivent apprendre sur un long terme à vivre avec une ambiguïté. Mon enfant est peut-être vivant et il est peut-être mort.» Les proches sont habitués quotidiennement à cette ambiguïté, contrairement à la société qui, selon la psychologue, ne supporte pas cette situation. «On aime que les gens soient clairs. A un certain moment, l’entourage commence à mettre la pression. Il juge le parent. Chacun donne son avis et pousse la personne, mère ou père, à prendre position, à lui dire «il faut que tu fasses ton deuil, que tu tournes la page, décide-toi maintenant», mais faire son deuil, c’est quelque chose d’impossible pour un parent», insiste-t-elle. «Aussi mince soit-il, l’espoir est toujours là. Des études liées aux disparitions du drame du 11 septembre ont montré que les familles qui n’avaient pas vu le corps du défunt disparu dans le bâtiment ne pouvaient pas faire leur deuil, conservant toujours un espoir.»

Les rebondissements médiatiques n’ont pas fini d’alimenter les espoirs et les craintes des proches des jumelles. Alors que l’enquête policière n’a pas apporté de nouvelles preuves, ni de faits concrets, «il est difficile pour leur maman de prendre position. Elle vit une situation hors de contrôle, elle n’a pas initié ces nouvelles pistes qui émergent, elle doit les subir», précise la psychologue. Une phase par laquelle passent de nombreuses familles de disparus quand l’espoir et le désespoir alternent. «Pour toutes les familles, on y croit toujours jusqu’au bout. On ne perd jamais espoir, car dans ces moments-là, cela leur donne aussi beaucoup de force», tient à rappeler Andrea Lemay. (Le Matin)

Créé: 22.02.2014, 10h31

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