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Genève Les riches héritiers d'une fortune belge affrontent une avocate

Les fils d'une vicomtesse belge accusent une avocate d'avoir détourné des actions d'entreprise pour une valeur de plusieurs dizaines de millions de francs.

Le procès contre l'avocate est planifié jusqu'à mercredi au Tribunal correctionnel de Genève.

Le procès contre l'avocate est planifié jusqu'à mercredi au Tribunal correctionnel de Genève. Image: Keystone

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Une avocate de 57 ans comparaît depuis lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève pour blanchiment d'argent aggravé et faux dans les titres. Elle est accusée d'avoir floué la famille belge propriétaire du géant brassicole AB InBev en détournant à son profit 815'000 actions du groupe. Au cours actuel, ces titres représentent un montant d'environ 60 millions d'euros.

L'avocate travaillait depuis longtemps pour Amicie de Spoelberch. La vicomtesse est l'héritière de l'une des familles les plus fortunées de Belgique. Elle est notamment propriétaire d'AB InBev, le plus grand empire brassicole de la planète, qui compte de nombreuses marques de bières dans le monde entier.

Deux fils adoptifs

La vicomtesse avait deux fils adoptifs, Alexis et Patrice Bailo de Spoelberch. Les frères, partie plaignante dans cette procédure, estiment avoir été grugés par l'accusée. La prévenue est jugée pour s'être emparée d'un paquet d'actions AB InBev, puis d'avoir dissimulé son forfait en utilisant notamment la place financière genevoise.

Interrogée par le tribunal, elle a rejeté les accusations. Selon elle, les actions reçues devaient être considérées comme une rémunération. Elle avait en effet aidé les deux frères à récupérer leur héritage en Belgique. Une convention prévoyait le versement à l'avocate de 10% des biens retrouvés.

Le Ministère public doute cependant de l'authenticité de cette convention et estime que ce document est un faux. La présidente du tribunal a bien tenté d'en savoir plus sur cette affaire, mais la prévenue s'est trop souvent lancée dans des explications alambiquées pour permettre de faire la lumière sur la question.

Les 815'000 actions ont disparu en 2004. Leurs recherches ont pendant longtemps été vaines. Soupçonnée de vol, l'avocate avait été jugée par la justice luxembourgeoise et acquittée par une instance d'appel en 2016 pour ce chef d'accusation. C'est à l'issue de ce procès que la trace des titres a réapparu.

Des établissements bancaires en Suisse avaient signalé à Berne des soupçons de blanchiment visant l'avocate. Le nom de cette dernière avait en effet été cité dans la presse à l'occasion du procès. Il s'est finalement avéré que la prévenue avait ouvert plusieurs comptes au nom d'une société offshore.

Stratagèmes pour blanchir les fonds

L'enquête menée à Genève a permis de découvrir que les actions disparues ont transité par ces différents comptes bancaires. Le Ministère public reproche à l'accusée d'avoir utilisé divers stratagèmes pour blanchir ces fonds, notamment en ouvrant des comptes au nom de sa soeur.

Interrogée sur sa situation personnelle, la prévenue a rappelé ses huit mois passés à la prison de Champ-Dollon. Remise en liberté, elle a eu l'interdiction de quitter le territoire suisse jusqu'à son procès. Elle a raconté les difficultés, dans ces conditions, de voir ses trois grands enfants.

Le procès est programmé jusqu'à mercredi. (ats/nxp)

Créé: 02.12.2019, 15h40

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