Vendredi 19 avril 2019 | Dernière mise à jour 12:08

Canton de Genève Il aurait tué sa voisine d'Onex pour de l'argent

La voisine de 73 ans avait été menottée et bâillonnée avant d'être étranglée et son corps abandonné dans un bois en France.

Le Tribunal criminel de Genève pourrait prononcer l'internement contre le principal suspect.

Le Tribunal criminel de Genève pourrait prononcer l'internement contre le principal suspect. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Tout le monde aime l'argent. Je suis très économe», a déclaré lundi à la présidente du Tribunal criminel de Genève le prévenu de 53 ans accusé d'avoir tué sa voisine d'Onex en 2015. Il lui aurait notamment volé 40'000 francs et des bijoux.

D'après les experts psychiatres, l'homme a un rapport pathologique à l'argent. Selon l'acte d'accusation, il savait que sa voisine de 73 ans avait retiré cette somme ce fatidique 5 février 2015. Il l'aurait attirée chez lui, menottée et bâillonnée avant de l'étrangler. Il a ensuite abandonné son corps dans une zone boisée près de Nantua (F) et est revenu pour le brûler une semaine plus tard.

La police avait signalé la disparition de cette femme, dont les restes n'ont été retrouvés qu'en 2017. Le prévenu avait fait croire qu'elle était en vie en retirant de l'argent avec sa carte bancaire, vêtu d'une de ses vestes à capuche. Les 40'000 euros ont été retrouvés enroulés dans un tube d'escabeau dans sa maison au Portugal. Il cachait aussi de l'argent dans des poulets congelés.

Internement préconisé

A l'ouverture du procès, qui doit durer jusqu'au 3 avril, les avocats de la défense ont plaidé les questions préjudicielles. Le tribunal a rejeté tant celle contestant la qualité de partie plaignante de la soeur et du frère de la victime que celle portant sur les mesures employées pour découvrir la vérité, compte tenu du recours à un agent infiltré en prison.

«Ces mesures portent atteinte aux droits du prévenu de garder le silence et de ne pas contribuer à sa propre incrimination», a relevé Cécile Bocco, son avocate avec Eric Beaumont. «Le Ministère public n'avait pas d'autre choix que de faire appel à un agent infiltré pour retrouver le corps de la victime», a rétorqué le procureur Endri Gega.

«J'assume»

Les experts psychiatres sont aussi arrivés à la conclusion que le prévenu est imperméable à la souffrance d'autrui et dans le déni de la gravité de ses actes. Considérant qu'il n'est pas soignable, ils préconisent l'internement. Le risque de récidive est de 50%. «Je ne suis pas malade du tout. Ma vie, c'était le travail. Je sais pourquoi je suis là, j'assume», a affirmé l'accusé.

Interrogé sur sa situation personnelle, il a expliqué avoir eu une enfance très dure au Portugal. Battu par sa mère, il a travaillé dès l'âge de 13 ans. Selon lui, la victime était un peu comme sa mère, «mais en bien». L'après-midi d'audience sera consacrée aux faits qui lui sont reprochés. (ats/nxp)

Créé: 25.03.2019, 14h16

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.