Jeudi 13 décembre 2018 | Dernière mise à jour 00:21

Crise Après son fiasco, l’application «TL» se prépare à rebondir

Lancée le 8 novembre, l’app des transports lausannois avait été retirée pour cause de bugs et de retours d’utilisateurs désastreux. On la retrouvera ces prochains mois, dans une copie revue et corrigée.

Début novembre 2018, l’application avait introduit des fonctions de temps réel et de géolocalisation. Ces dernières subsisteront dans sa version corrigée.

Début novembre 2018, l’application avait introduit des fonctions de temps réel et de géolocalisation. Ces dernières subsisteront dans sa version corrigée. Image: DR

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Elle se voulait plus conviviale et plus personnalisée. Plus facile, aussi, dans le paiement des trajets et des abonnements… Le 8 novembre dernier, lorsque la nouvelle version de l’application des transports publics lausannois («tl») est publiée sur les magasins d'applications iOS et Android, rien ne se passe comme prévu. Bugs techniques importants, retours d’utilisateurs très virulents, non seulement à propos de sa fonctionnalité mais aussi de son design… Total, 24 heures après sa mise en ligne, l’app doit être retirée manu militari. «Bonne à jeter», «Ergonomie = 0» , «Illisible et pas du tout intuitive» peut-on lire sur les commentaires laissés par les premiers utilisateurs… Bref, un joli fiasco.

Après le retrait de «tl», les usagers ont été contraints de se rabattre sur l'ancienne application... Ou, encore plus «old school» sur les bornes. (photo: Patrick Martin)

Aujourd’hui, Marc Badoux, directeur adjoint des transport lausannois, et responsable de l’unité management du réseau, qui fait également partie du comité de pilotage de l’application, semble encore abattu après la volée de bois vert reçue il y a trois semaines, quand on l’interroge sur les raisons du couac. «Je ne vous cache pas qu’on espérait mieux. Nous pensons que l’application «tl live», utilisée jusqu’ici et téléchargée près de 90'000 fois, avait fait son temps. Nous voulons offrir quelque chose de plus dynamique, avec une interface moderne, rassemblant dans une seule app toutes les fonctions utiles au voyage pour nos clients. Mais le jour J, on s’est retrouvé face à deux problèmes: technique, d’abord, avec une application qui donnait des résultats erronés suite à une désynchronisation des serveurs, malgré des tests préliminaires réalisés avec succès; et puis des réactions très critiques de la part de nos utilisateurs».

«En mars 2018, Marc Badoux (à g.) félicitait à Lausanne la 250 000 000 ème utilisatrice du métro M2 (photo: Florian Cella).

Total, l’équipe travaille maintenant d’arrache-pied à revoir sa copie. D’abord en procédant à de nouveaux essais afin d’identifier la panne en question et de tester la stabilité du système, mais aussi en repensant son ergonomie et sa fonctionnalité. «La principale évolution de cette nouvelle version, poursuit Marc Badoux, c’est l’intégration des horaires comme l’offre l’ancienne application. On a remarqué que certains utilisateurs ne voulaient pas forcément basculer sur les nouvelles fonctionnalités de l’app et souhaitaient garder l’approche de «tl-live» qui donne une information des horaires lignes par lignes. L’utilisateur pourra ainsi se retrouver en terrain familier et explorer les nouvelles fonctionnalités à son rythme, quand il le souhaite, selon ses envies et ses besoins».

Un nouveau panel d’utilisateurs à la rescousse

Autre aspect qui préoccupe beaucoup les concepteurs: l’ergonomie et le design, tous deux très critiqué tant du point de vue de la prise en main que de son manque d’intuitivité. «Certains utilisateurs ne s’y retrouvaient pas, admet le directeur adjoint. Comme nous l’avions déjà fait avec la première version de l’application, nous allons réunir la semaine prochaine un nouveau panel d’utilisateurs pour nous aider à tenir compte des critiques et apporter les améliorations nécessaires. Mais on ne va pas pour autant tout revoir de fond en comble, notamment du coté du design où nous sommes convaincus qu’il y a de bonnes choses à garder».

Des bons points, il y en avait même d’autres, les TL ayant vu les choses en grand en termes d’innovations. En novembre, l’application avait introduit des fonctions de temps réel et de géolocalisation, que l’on va bien entendu retrouver dans sa version corrigée. Sur la carte, les arrêts à proximité s’affichent en même temps que les prochains passages de véhicules. A la première utilisation, l’application invite également l’utilisateur à indiquer des arrêts favoris – lieu de domicile, de travail ou autre – pour faciliter ses déplacements. Il suffit alors de cliquer sur l’un d’eux pour obtenir automatiquement le trajet le plus rapide en fonction de sa position actuelle.

«On croit beaucoup à cette notion de favori, poursuit Marc Badoux. A terme, nous voulons aussi offrir la possibilité aux utilisateurs de sélectionner des itinéraires dans leurs favoris, et non pas seulement une destination. De cette manière, l’application pourra informer automatiquement nos clients en cas de perturbation due par exemple à un accident ou une manifestation, et leur proposer des itinéraires alternatifs».

Autre nouvelle fonctionnalité: la prédiction, à un arrêt et à une heure précise, du taux d’occupation des différents véhicules, bus ou métros. Une prouesse réalisée grâce aux cellules de comptages des voyageurs équipant les véhicules combinés à des algorithmes de «machine learning» se basant sur des voyages équivalents (même type de jour, même tranche horaire, même arrêt) pour livrer une estimation.

Autre nouvelle fonctionnalité: la prédiction, à un arrêt et à une heure précise, du taux d’occupation des différents véhicules, bus ou métros. (photo: Marius Affolter)

Trois pictogrammes indiquent ainsi désormais si les prochains bus et métros seront presque vides, seulement à moitié ou plutôt pleins. Une fonction très utile pour les utilisateurs à mobilité réduite, par exemple, dont certains préfèrent attendre un bus moins plein plutôt que de se retrouver au milieu de la foule».

Le savoir-faire de Fairtiq

L’application offre aussi une passerelle sur le « tl_shop » où il est possible d’acheter ou de renouveler son abonnement. Elle peut aussi se targuer d’avoir intégré Fairtiq, un système permettant de calculer automatiquement le prix du billet suivant le trajet effectué. On active ainsi la fonction quand on monte dans un bus, un métro ou un train, on la désactive quand on sort, même à l’autre bout du pays, et l’application nous débite automatiquement le montant correspondant, tout en calculant le meilleur prix entre les différentes offres du réseau.

Reste la question à 10 000 francs: quid de la disponibilité de l’application? Quand on lui pose la question, Marc Badoux botte en touche: «Nous prévoyons de préciser le planning de déploiement de l’application en janvier prochain».

Visiblement, les Lausannois vont encore devoir faire preuve de patience avant de tester les nouvelles fonctionnalités et les améliorations apportées. (Le Matin)

Créé: 02.12.2018, 13h47

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